Environnement

Marcher pour le climat, oui, mais en musique

La musique est un moyen pour les grévistes réunis à Lausanne de s’exprimer d’une seule voix. Immersion dans l’atelier musical des Rencontres européennes en vue de la marche de vendredi

A cappella ou accompagnée, douce ou rythmée, harmonieuse ou discordante, la musique est de tous les cortèges. La marche pour le climat de ce vendredi après-midi ne fera pas exception à la règle. Les militants réunis à Lausanne depuis lundi pour définir les prochaines actions à mener au niveau européen ont tenu à animer un atelier musical. L’objectif: écrire les paroles d’une chanson qui sera entonnée à l’unisson lors de la manifestation.

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Assis sur les tables de la salle de cours 338 de l’Université de Lausanne, 15 jeunes âgés de 14 à 21 ans se sont portés volontaires. Qu’ils soient venus d’Allemagne, de Pologne, d’Autriche, d’Irlande ou de Moldavie, tous se sentent investis d’une responsabilité. La difficulté d’exécution se mesure dès les premières minutes de discussion. Quelle langue choisir? L’anglais semble être le plus aisé. Mentionner Greta? «Non, la musique ne doit pas être sur elle, mais sur le mouvement», décident-ils.


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Inventer une musique de toutes pièces? Cette idée tombe à l’eau en un quart d’heure, impossible de trouver un rythme satisfaisant. Choisir un air connu alors? Oui, mais lequel? «This girl is on fire» d’Alicia Keys est écarté, car trop aigu à chanter. «On ne veut pas que le rendu soit beau, mais qu’il ait du sens», intervient une Polonaise. L’hymne européen est ensuite envisagé. «Mais nous sommes en Suisse, signale sa voisine moldave. Je pense que cela brouille le message.» Les mains se lèvent et se secouent en signe d’approbation.

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Soudain, une militante vêtue d’un t-shirt à l’effigie de Queen propose une reprise de We are the champions et lance la musique sur son téléphone. Un Autrichien se met à chanter et transforme le célèbre refrain par «Let’s save the climate». Les têtes battent la mesure et des sourires se dessinent. Une Polonaise poursuit: «Crisis deniers, can’t you see the fires, in the world?» La fan de Queen note aussitôt les idées sur un cahier. Chacun ajoute sa phrase à l’exercice.

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Euphoriques, les militants s’emportent et chantent de plus belle, si bien que provient des salles attenantes une demande de baisser le volume. La discussion reprend, cette fois-ci sur le choix des mots. Faut-il dire «YOU are still killing our lands» ou «WE are»? «We won’t stop fighting till IT ends» ou «till OUR ends»? «Il vaut mieux ne pas être dans l’accusation et ne pas pointer du doigt les méchants», argumente un Allemand. Les mains se secouent. «We» et «our» l’emportent.

«C’est important que nous soyons unis autour d’une chanson, commente une Autrichienne. Le thème est tragique, mais nos marches sont festives. Quand on chante, on est connecté, énergique et heureux. Elle nous donnera la force de continuer à y croire: nous pouvons rendre ce monde meilleur.»

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