Le conseiller national radical argovien Luzi Stamm a décidé de quitter les rangs de son parti pour rejoindre ceux de l'UDC. Si les changements de parti sont peu courants dans les mœurs politiques suisses, le départ de Luzi Stamm ne revêt toutefois qu'une signification très limitée. En 1996 et en 1998, l'UDC avait déjà accueilli dans ses rangs deux représentants du Parti de la liberté, l'Argovien Ulrich Giezendanner et le Soleurois Roland Borer. Ces mouvements annonçaient et finalisaient alors la récupération par l'UDC des petites formations d'extrême droite et de leur électorat. Le cas de Luzi Stamm est en revanche tout à fait anecdotique. L'Argovien était en effet, sur la droite de son parti, beaucoup plus marginal que d'autres ne le sont sur sa gauche: un homme seul qui faisait tache même parmi les radicaux alémaniques les plus à droite. Luzi Stamm, qui est notamment vice-président de l'ASIN de Christoph Blocher, rejoint, en allant vers les démocrates du centre, son terreau politique nourricier.

Deux pamphlets

Luzi Stamm est l'auteur de deux pamphlets, sur l'affaire des fonds en déshérence et sur le rôle de la presse dans la politique fédérale. On l'avait vu ces dernières années très présent en première ligne dans toutes les causes soutenues par les milieux nationalistes. Il avait notamment fait activement campagne contre les accords bilatéraux et pour l'initiative des 18%, et n'avait jamais fait mystère de ses velléités de quitter le Parti radical. Il donne aujourd'hui pour raisons de son départ les positions trop proeuropéennes prises par le PRD. Une telle justification ne manque pas de sel, au lendemain de la campagne pour l'initiatitive «Oui à l'Europe!», rejetée unanimement par la majorité alémanique du parti. Mais Luzi Stamm lui reproche de ne pas exclure définitivement la perspective d'une adhésion. «Qui veut assurer un avenir radieux à la Suisse en dehors de l'UE ne trouve une patrie, chez les partis gouvernementaux, que dans les rangs de l'UDC», commente-t-il dans un communiqué.

Cette défection n'a pas vraiment bouleversé les radicaux qui y voient plus une clarification qu'une perte. C'est une perte «mathématique», ce départ ne surprend personne, commente le secrétaire général du parti, Guido Schommer, qui assure que le PRD va récupérer ce siège en 2003 avec un autre candidat. Les radicaux demeurent le groupe le plus important des Chambres fédérales, avec désormais 60 élus, pour 59 aux socialistes, 52 à l'UDC et 50 au PDC.