Déchirés sur la question du mariage pour tous, les Jeunes libéraux-radicaux genevois espéraient une sortie de crise à travers une nouvelle assemblée générale qui permettrait de clarifier la position de la section. On en est très loin. La demande de nouvelle réunion déposée lundi par 60 membres, soit le nombre minimum requis, est en effet restée lettre morte. Outrés, deux des sept membres du comité ont démissionné, comme l’a révélé la Tribune de Genève. Une requête de mesures superprovisionnelles a par ailleurs été déposée au Tribunal pour exiger que le président Davit Ghukasyan convoque l’AG dans les meilleurs délais. Contacté, ce dernier n’a pas répondu aux appels du Temps.

Après les affaires du PLR cantonal, c’est désormais la section jeune qui fait parler d’elle, révélant au grand jour des tensions inattendues sur un sujet de société qui a toujours fait partie de son ADN. Mais aussi un certain flottement teinté d’amateurisme dans la gestion des procédures. Soucieux de ne pas envenimer la situation, le président du parti Bertrand Reich ne souhaite pas faire de commentaires. 

«Déni de démocratie»

Les jeunes membres, eux, ne s’en privent pas. «Les statuts sont clairs, je ne comprends pas pourquoi la présidence se mure dans le silence, si ce n’est parce qu’elle a des choses à cacher ou parce qu’elle veut nuire à l’intérêt général des membres», lâche Bryan Lo Giudice, qui a coordonné la récolte de signatures. Davit Ghukasyan a accusé réception de la demande de nouvelle assemblée, mais n’a toujours pas envoyé de convocation. Un «déni de démocratie» aux yeux des 60 signataires.

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Aude Echard, l’une des démissionnaires, explique s’être fait la promesse de toujours suivre ses valeurs politiques. «Ces derniers temps au sein du comité, la transparence, la liberté d’expression et le respect des statuts ont fait défaut», déplore-t-elle, soulignant encore «l’ambiance agressive et de confrontation» qui s’est installée depuis le début de la polémique. «La base qui a légitimement demandé cette deuxième assemblée doit désormais être écoutée.»

«Les membres ne lâcheront rien»

Or le temps presse si les JLR veulent modifier leur vote à temps. «Les prises de position doivent être déposées avant le 26 juillet», rappelle Darius Azarpey, ancien président des JLR genevois et vice-président du parti cantonal. «Tant que l’AG ne sera pas convoquée, les membres ne lâcheront rien», affirme-t-il, soulignant que passer à côté de cette campagne serait un véritable «crève-cœur». Comment contenir la vague de démissions? «En ce qui concerne les démissions au comité, ce sont en réalité des forces qui viennent s’ajouter du côté des membres», estime-t-il. Suggérée çà et là, la révocation du président est désormais omniprésente dans la tête des membres.