Agglomération

Marianne Huguenin: «On ne densifie pas un quartier contre la volonté de ses habitants»

La mue du quartier de Florissant se heurte au rejet des habitants et divise l’exécutif de Renens (VD). La syndique, Marianne Huguenin, s’exprime sur ce dossier brûlant

«On ne densifie pas un quartier contre ses habitants»

Vaud La mue du quartier de Florissant se heurte au rejet des habitants et divise l’exécutif de Renens

La syndique, Marianne Huguenin, s’exprime sur ce dossier brûlant

Venue défendre le projet de densification du quartier de Florissant, à Renens, la syndique POP Marianne Huguenin s’est trouvée confrontée à une assemblée largement hostile, mardi soir lors d’une soirée contradictoire. Peut-elle encore convaincre?

Le Temps: Le plan de Florissant a été revu à plusieurs reprises à la baisse et l’opposition est toujours aussi vive. Allez-vous continuer à le soutenir?

Marianne Huguenin: Nous l’avons toujours présenté avec un point d’interrogation. Hier, nous étions surtout soucieux de communiquer sur son état actuel, car il a beaucoup évolué. Les surfaces de plancher ont diminué de 30% et il n’y a plus d’impact sur les surfaces vertes. Il n’y a plus désormais que deux immeubles de logements supplémentaires, contre quatre dans la précédente version.

– Que va-t-il se passer maintenant?

– Le projet pourrait servir de levier pour obtenir des propriétaires [Swiss Life surtout, ndlr] des garanties pour les actuels habitants sur le montant des loyers et des places de parc ainsi que les conditions de rénovation des immeubles existants. Jusqu’à présent, nous n’avons guère trouvé de partenaire pour en discuter. Nous allons aussi consulter les partis politiques avant de décider de la suite.

– Vous laissez depuis le début planer le doute sur le fait que le projet soit un jour mis à l’enquête publique. Cela ne montre-t-il pas de votre part une incapacité à décider?

– Au départ, c’était un projet de densification-rénovation des propriétaires. Dès le moment où nous sommes entrés dans une démarche participative, nous devons écouter. Nous l’avons fait, et beaucoup, quoi qu’en disent certains. Le projet me semble toujours intéressant, de par sa proximité avec les transports publics notamment. Il permettrait de pérenniser la présence de commerces, de créer quatre nouvelles classes d’école, de placer un EMS et des logements protégés. Nous avons reconnu que le travail des opposants a permis de l’améliorer. Nous prendrons notre décision avant l’été.

– Comptez-vous sur le reste de la population pour passer outre l’opposition des habitants du quartier?

– Il existe un intérêt général qui est le besoin de logements pour des gens qui veulent rester à Renens. Il n’est pas de jour qu’on ne me parle de cette préoccupation, mais je dois bien constater que jusqu’à présent, nous sommes bien seuls à la défendre. On ne peut pas densifier un quartier contre la volonté de ses habitants.

– Lausanne vient d’abandonner la densification par surélévation du quartier des Bergières, vu l’opposition. Ne serait-ce pas la voie à suivre?

– La mise à l’enquête a eu lieu aux Bergières, suscitant 650 oppositions. Le choix définitif de la Ville a été rapide, c’est vrai, mais à un stade plus avancé.

– Renens ferait plus que sa part dans la construction de logements dans l’agglomération lausannoise. Vrai?

– Non. Nous avons 20 000 habitants et en visons 25 000 en 2030. Soit une augmentation de 25%, moindre que celle de communes comme Bussigny ou Chavannes, qui planifient le doublement de leur population. Notre taux de croissance est plus lent que celui du canton.

– On vous traite de bétonneuse. Il est loin le temps où vous lanciez vous-même des référendums contre des projets immobiliers…

– Il n’y en a eu qu’un je pense, et je l’assume. Il s’agissait de diminuer d’un étage un immeuble qui cachait le château de Renens. Dans la plupart de nos projets, nous ajoutons des surfaces vertes, comme aux Entrepôts. Un quartier peut être stimulé par la densification, c’est même cela le véritable enjeu. Mais je dois admettre que nous peinons à convaincre que cela peut être mieux après qu’avant.

– Une de vos collègues de l’exécutif, la socialiste Myriam Romano, s’est déclarée publiquement contre le projet. Lui en voulez-vous?

– Les ruptures de collégialité font partie du jeu démocratique. Reste le moment, et la manière. Nous réglerons cela entre nous! Cela prouve en tout cas l’émotion qui entoure ce projet.

– Serez-vous candidate à un nouveau mandat de syndique en mars 2016?

– Je me déterminerai cet été. Mais il n’y a aucun rapport avec ce dossier!

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