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Une époque popiste: Josef Zisyadis et Marianne Huguenin lors du dimanche des élections fédérales de 2007.
© Dominic Favre

Vaud

Marianne Huguenin: «Il y a de la place pour une gauche plus combative»

Les élections communales vaudoises du 28 février marquent le départ de la syndique de Renens, l’une des dernières figures du Parti ouvrier populaire, le POP. Questions sur son héritage

Marianne Huguenin, syndique de Renens dans le canton de Vaud, s’apprête à quitter la fonction qu’elle occupe depuis dix ans. C’est l’une des dernières figures du Parti ouvrier populaire (POP) vaudois, avec le Lausannois Marc Vuilleumier, qui s’en va également. A ses yeux, un «aiguillon» à la gauche du parti socialiste est plus que jamais nécessaire. Le grand défi: trouver des militants et des leaders issus des milieux populaires.

Lire également: Le POP vaudois se livre à un exercice de survie: les élections communales

Le Temps: Avec le Lausannois Marc Vuilleumier, qui se retire également, vous faites partie des dernières figures du POP. La fin d’une histoire?

Marianne Huguenin: On nous disait la même chose quand j’ai commencé: «Les Muret, les Forel, les Vincent s’en vont!» A Renens, notre groupe au Conseil communal avait failli disparaître. Depuis 2011, il est le plus important de la ville. Il y a des hauts et des bas. Je ne crois pas à la fin de l’histoire du POP, ni de l’Histoire… pas plus qu’au consensus universel sur la démocratie libérale.

– Diriez-vous que vous laissez un héritage?

– Une manière de faire de la politique en défendant des valeurs, avec pragmatisme et dans le respect de l’adversaire. Je vois que la population est insatisfaite du modèle libéral actuel, ainsi que de l’implication du Parti socialiste dans ce modèle, mais qu’elle ne sait pas comment faire autrement. Il y a de la place pour un courant plus combatif, plus mobilisateur à gauche du Parti socialiste. Pensez à la caisse maladie unique, au salaire minimum, à la suppression des forfaits fiscaux, nous sommes parfois les premiers à lancer les idées.

– Défendez-vous les mêmes valeurs aujourd’hui qu’au début?

– Oui, bien sûr! J’étais venue à la politique comme militante de base voulant changer le monde. Je suis devenue avec l’âge plus réaliste sur cet objectif, plus attachée à réaliser quelque chose ici et maintenant. Mais je défends toujours avec la même conviction la justice, l’égalité, une place pour chaque être humain dans ce monde. C’est la difficulté de trouver sa place qui crée la violence.

– La réalisation dont vous êtes la plus fière?

– Après mon élection à la municipalité, j’ai résisté au catastrophisme ambiant sur l’état de nos finances et le risque d’endettement. Nous avons dégagé une marge de manœuvre, osé investir. Je dirais que les finances communales sont aujourd’hui satisfaisantes. Même si Renens reste une ville sous pression. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je voterai non le 20 mars au projet vaudois de réforme de la fiscalité des entreprises. Je suis fière aussi d’avoir renversé le discours sur les étrangers, en mettant en avant leur apport positif. Ces dernières années, je me suis battue pour amener les grands projets à Renens, l’ECAL, le tram, le gymnase et l’extension de la gare.

– Le POP a-t-il mieux résisté que le PS à la concurrence de l’UDC dans les électorats traditionnels des partis de gauche?

– Je dirais que oui, là où nous résistons, en pensant aussi à la force du POP au Locle par exemple. Je ne crois pas que Renens soit emblématique du transfert de voix de la gauche vers l’UDC, ni de la boboïsation du PS. Mais les partis de gauche doivent en effet garder des militants et des leaders issus des milieux populaires, alors que ceux-ci ont été transformés par l’immigration. C’est un grand défi pour ces formations politiques.

Lire aussi: A Lausanne, l’extrême gauche fait de l’impôt sur le bénéfice l’argument de sa campagne électorale

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