Le Temps: Quelle est votre appréciation de ce budget 2005?

Martial Debély: Je garde le sentiment d'un budget qui n'est pas le nôtre. Je regrette en particulier les positions de la droite du parlement qui n'a pas voulu entendre nos propositions les plus raisonnables…

– Par exemple?

– Nous proposions d'octroyer 2 millions afin que les bas revenus puissent bénéficier pleinement du renchérissement (ndlr: le Conseil d'Etat l'a arrêté à 0,1%). Ils n'ont rien voulu savoir. Ils ont refusé notre proposition et celle du Conseil d'Etat d'augmenter le poste de l'action sociale. Position incompréhensible: il s'agit de dépenses qui ont été effectuées en 2004. On sait donc déjà que le montant qui apparaît au budget ne suffira pas. Ça leur permet de maintenir un déficit inférieur à 50 millions, ce qui rassure leur ego et leur électorat.

– Pourquoi n'avez-vous pas refusé le budget?

– Pour l'intérêt général du canton, le pire aurait été de ne pas avoir de budget. Et puis il n'est pas du tout sûr que le nouveau budget eût été meilleur… On a préféré s'abstenir.

– Quel est votre regard sur les mécanismes de frein proposés par le Conseil d'Etat?

– Jusqu'ici, le PS estimait que de tels instruments mécanisaient la politique. On souhaitait que les autorités soient responsables. On voit que ça ne fonctionne pas. Nous sommes d'accord d'entrer en matière sur les instruments tels qu'ils sont proposés. Mais pas si le frein n'a d'effet que sur les dépenses. Dans ce cas, il peut avoir des conséquences terrifiantes.

– Que vous inspire la proximité entre le traitement de ces objets et les élections cantonales?

– Je crains que ça radicalise le débat. Mais nous serons ouverts pour trouver une solution qui satisfasse le plus grand nombre.