«Je t’aime moi non plus.» Pas facile de s’y retrouver dans la tumultueuse relation entre Martine Brunschwig Graf et son parti. Hier, les libéraux envoyaient à la presse une lettre des élus du parlement cantonal à la conseillère nationale. «Nous le disons ici, vous êtes notre candidate!», écrivent-ils au sujet de la succession de Pascal Couchepin au Conseil fédéral. Pourtant, la semaine dernière, Le Matin faisait état de sévères critiques anonymes, présentées comme issues des rangs libéraux, à son encontre.

«Choquant»

Les reproches? A en croire les propos relayés par le quotidien, certains de ses collègues trouvent Martine Brunschwig Graf, 59 ans, trop âgée pour le poste. Alors qu’elle n’a que quelques mois de différence avec le président du PLR, Fulvio Pelli. Son bilan d’ex-ministre genevoise, à l’Instruction publique et aux Finances, serait qualifié de mauvais. Ce n’est pas tout: elle serait «trop Genevoise», par rapport à la présence de Micheline Calmy-Rey au gouvernement, ou pas assez, allusion à ses origines fribourgeoises. Mais aussi «trop femme», et pas assez liée à l’UDC.

A ses attaques qui ont «particulièrement choqué» les députés libéraux qui s’en «désolidarisent», ces derniers rétorquent: «Nous tenons à vous affirmer ici toute notre affection et notre souhait que vous soyez candidate au Conseil fédéral. Vous êtes en effet la candidate naturelle du Parti libéral genevois […] Il en va de l’avenir de notre parti genevois, mais surtout de la Suisse, pour laquelle nous savons que vous apporterez vos idées pour la réformer de manière collégiale», écrivent-ils.

Une démarche accueillie avec joie par Martine Brunschwig Graf: «Je suis touchée et très sensible à cette marque de confiance et d’amitié», commente-t-elle sobrement.