Martine Brunschwig Graf a donc sauté le pas ce week-end. La conseillère nationale libérale radicale fait la Une de la Tribune de Genève ce matin. La nouvelle inspire aussi François Schaller, l’éditorialiste de L’AGEFI , qui explique que le pire scénario, pour l’équilibre communautaire précaire du pays, serait l’élection de Fulvio Pelli. Les conseillers fédéraux tessinois l’ont toujours été «à la place» d’un Alémanique. La présence de deux Romands au conseil fédéral est une constante qui a trop bien fonctionné jusqu’ici pour être remise en cause sans raison majeure.

Selon le quotidien économique, Martine Brunschwig Graf est «la candidate naturelle» à la succession de Pascal Couchepin. De quoi minimiser «le bal des prétendants» de ces derniers jours. «Le Conseil fédéral n’a pas besoin d’un gesticulateur. Ce qu’il lui faut, c’est de l’expérience politique et exécutive de haut niveau, de l’envergure intellectuelle, du sang-froid et de la résistance face à l’adversité sans fin.» Autant de qualités ancrées en la personne de la conseillère nationale libérale radicale.

Un engouement pour cette deuxième candidature genevoise, après celle de Christian Lüscher jeudi dernier, dont fait écho la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) . «Enfin», s’exclame le quotidien alémanique dans son portrait de la candidate. «Après l’annonce tonitruante de l’outsider Lüscher, la conseillère nationale a opté pour une formule plus conventionnelle, soulignant ainsi deux styles politiques qui différencient les deux sommités genevoises.» Et à la NZZ d’y voir une «femme de pouvoir» qui n’en a pas l’air. «Vu de l’extérieur, elle est plutôt menue, mais dans le paysage politique romand et suisse, elle appartient depuis des années à la catégorie des personnalités qui comptent.» Vraisemblablement de par ses racines fribourgeoises et «ses origines familiales apolitiques» qui ne font «d’elle ni une Genevoise, ni une libérale». Mais une personnalité d’envergure nationale. En somme, une parfaite conseillère fédérale. Mais au pouvoir «ce seront bien son ton de maîtresse d’école et son fort caractère qui lui seront reprochés.»