En 2013, Mathias Reynard (PS/VS) déposait au Conseil national l’initiative parlementaire intitulée «Lutter contre les discriminations basées sur l’orientation sexuelle». C’est le début d’un combat sous la coupole fédérale, prolongé par un référendum inattendu. Avant de s’imposer ce dimanche. Interview du «père» de la nouvelle norme pénale contre l’homophobie.

Le compte rendu du vote: Le triomphe arc-en-ciel

Le Temps: Discriminer selon l’orientation sexuelle sera désormais pénalement répréhensible comme le racisme. Un symbole?

Mathias Reynard: Oui. C’est magnifique. Pour moi, c’est l’aboutissement de plus de sept ans de travail. Les derniers sondages laissaient présager une victoire, mais je me méfiais d’une surévaluation du oui. Et puis on voit que les résultats finaux sont au-dessus de 60%. Et même au-dessus de 70% en Suisse romande! C’est incroyable. La société devient plus tolérante, plus harmonieuse. De manière particulièrement claire en Valais, mon canton, qui a changé de visage ces dernières décennies. C’est une excellente nouvelle.

Cette victoire est avant tout celle des associations et organisations de défense de la communauté lesbienne et homosexuelle

Mathias Reynard

Quelle est la prochaine étape?

Il s’agit de réfléchir à la mise en œuvre de la nouvelle norme. Tout comme on le fait pour le racisme, il sera nécessaire d’informer, de faire de la prévention, de mettre en place des formations. Sous quelle forme? Il existe une commission contre le racisme; devrait-on intégrer les discriminations selon l’orientation sexuelle à ses activités? Ou le faire dans une nouvelle structure? Nous nous concentrerons également sur le dossier du mariage pour tous, qui ne prévoit pas la procréation assistée. Or, nous voulons que chacun dispose des mêmes droits.

Vous avez porté ce combat pour le mouvement LGBTQ +. Est-ce une victoire personnelle?

Cette victoire est avant tout celle des associations et organisations de défense de la communauté lesbienne et homosexuelle, qui se sont mobilisées avec beaucoup d’efficacité dans toute la Suisse. Vingt mille drapeaux arc-en-ciel et 100 000 flyers ont été distribués. J’ai été soutenu de manière extraordinaire.