C’est dans la petite ville d’Ober­wil, dans la banlieue de Bâle, que la famille de Matthias S. – le père des jumelles disparues à Saint-Sulpice le 30 janvier dernier – s’est recueillie vendredi en milieu de journée pour un service funèbre en son honneur. L’ambiance était particulièrement lourde pour les obsèques de cet homme soupçonné d’avoir enlevé et assassiné ses deux fillettes de 6 ans, Alessia et Livia. Entre 100 et 200 personnes ont assisté à cette cérémonie d’une heure et demie.

Irina L., épouse de Matthias S. avec laquelle il était en plein divorce, n’a pas fait le déplacement jusqu’à Bâle. La petite église réformée était gardée par plusieurs agents de la police cantonale de Bâle-Campagne. Ceux-ci avaient parqué leur voiture devant l’entrée du lieu de culte, tandis que leurs collègues ont constamment fait des va-et-vient dans le quartier à bord de leur fourgon. Des membres de la police cantonale vaudoise étaient aussi sur place.

«Nous sommes ici à la demande de la famille pour garder un caractère privé à cette cérémonie», explique Meinrad Stöcklin, porte-parole de la police cantonale. Et aussi pour permettre un recueillement «dans la dignité», ajoute une amie de la famille de Matthias S., très déçue de la présence des médias, comme beaucoup d’autres participants. La famille a souhaité qu’ils restent à l’extérieur du périmètre de l’église. Deux télévisions italiennes avaient dépêché sur place une équipe.

«La venue de la presse était ce que nous craignions», souligne un ami de Matthias S. A l’intérieur de du temple, le pasteur et la famille du défunt se sont exprimés devant une photo de lui et l’urne qui contenait ses cendres.

Matthias S. a ainsi emporté ses secrets dans la tombe. De son côté, l’enquête pour retrouver Alessia et Livia piétine. La piste privilégiée par les polices suisse, française et italienne reste que le père de famille les ait emmenées en Corse et les ait laissées sur l’Île de Beauté. Il a ensuite regagné le continent via Toulon et s’est suicidé le 3 février en Italie. Les a-t-il assassinées? Pour l’instant, malgré les lettres où il annonçait leur mort, aucun élément ne le prouve.

Après une semaine de black-out total, la police vaudoise a toutefois communiqué vendredi que tout lien entre la disparition des jumelles et celle d’une Fribourgeoise en janvier pouvait être écarté. Les médias italiens avaient imaginé que cette jeune femme pouvait être une complice de Matthias S.

De plus, les examens scientifiques effectués dans la maison familiale de Saint-Sulpice ont permis d’écarter tout empoisonnement des fillettes à cet endroit. Enfin, la police a révélé qu’elles avaient été aperçues, vivantes, le jour de leur disparition à 15h30 à Préverenges (VD) en compagnie de leur père.

La petite église réformée était gardée par plusieurs agents de la police cantonale de Bâle-Campagne