«La commune s’est écartée des règles du respect mutuel et de la bienséance et le conseil d’Etat le regrette», critique Maurice Tornay, ministre des Finances du canton du Valais pendant le point presse urgent tenu vendredi. Il répond ainsi aux attaques violentes formulées jeudi par la commune de Leytron contre l’administration fiscale. «La commune de Leytron n’est jamais intervenue auprès de la commission cantonale de recours en matière fiscale pour faire reprendre la procédure», poursuit-il. Le dossier fiscal de Jean-Marie Cleusix, nouveau chef du service de l’enseignement de l’Etat du Valais, pour les années 1995 à 1998, avait été suspendu par la commission de recours dans l’attente qu’une vision claire de l’imposition des couples mariés ou concubins se dessine en Suisse. «Le dossier s’est ensuite perdu suite à une erreur de classement et le conseil d’Etat le regrette», précise Maurice Tornay. En 2008, quand le dossier refait surface, une partie des faits sont prescrits. La commission cantonale traîne pourtant jusqu’à ce que l’ensemble des périodes de taxation soient soumises à prescription et que la commune soit contrainte de rembourser 78’000 francs d’acomptes d’impôts au fonctionnaire d’Etat. «Une investigation est en cours pour déterminer les raisons de ce retard», explique Maurice Tornay.

Problème: Maurice Tornay qui doit faire la lumière sur ces manquements était aussi le vice-président de la commission cantonale de recours. «Si l’autorité a failli, quels qu’en soit ses membres, des dispositions seront prises», répond-il. «Et si les membres de l’autorité ont failli, l’Etat se retournera contre eux. Si je dois me récuser dans ce dossier, je le ferai».

Le conseil d’Etat a reçu le 14 janvier dernier un courrier de la commune demandant une indemnisation pour ces pertes fiscales. «Elle sera examinée par le gouvernement et nous interpellerons la Responsabilité Civile (RC) de l’Etat. La commune a aussi la possibilité d’aller devant un tribunal», précise Maurice Tornay.