Le président de la Confédération, Guy Parmelin, l’a bien pressenti en conférence de presse: «Nous savons que nos décisions font beaucoup de déçus.» Les autorités cantonales en font partie. Pour le ministre genevois de la Santé, Mauro Poggia, le Conseil fédéral se montre trop timoré. «Des allégements plus importants sont possibles, pourquoi ne pas mettre à profit les dernières avancées médicales, notamment les tests rapides?» questionne-t-il, regrettant la stratégie du «tout ou rien» qui monte les secteurs les uns contre les autres. En ce qui concerne la restauration, la situation n’est à ses yeux plus tenable. «Va-t-on continuer à indemniser ad aeternam un secteur qui ne demande qu’à travailler? On pourrait imaginer une réouverture des restaurants à midi, comme c’est le cas en Italie, pour les clients disposant d’un test négatif.»

Milieux de la nuit oubliés

Sa collègue Nathalie Fontanet, chargée notamment des Finances, abonde dans son sens. Elle s’inquiète, elle aussi, du délai pris jusqu’au second assouplissement. «L’attente est trop longue pour les restaurants, fitness et lieux culturels, qui ne savent pas dans quelles conditions ils pourront rouvrir, déplore la PLR. Les milieux de la nuit ne sont, quant à eux, même pas mentionnés. Je crains de voir monter une grogne légitime, voire une révolte dans ces secteurs.»