Un «appel au civisme et à la solidarité». C’est ainsi que le conseiller d’Etat genevois Mauro Poggia, chef du Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé, a entamé son allocution pour détailler la mise en œuvre des mesures édictées par le Conseil fédéral ce vendredi. Alors qu’une vingtaine de personnes sont hospitalisées aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), dont six aux soins intensifs, le magistrat appelle la population à respecter les recommandations sanitaires.

Retrouvez les nouvelles du 13 mars

Le Temps: Genève a pris de l’avance en interdisant les manifestations de plus de 100 personnes mercredi déjà, qu’en est-il aujourd’hui?

Mauro Poggia: Genève entend appliquer les règles strictes mais nécessaires qui limitent les manifestations publiques et privées à 100 personnes. Pour les événements de moindre ampleur, pas d’autorisation automatique, les organisateurs doivent obligatoirement s’annoncer et respecter les mesures de précaution, notamment la distance sociale. On tolère certaines exceptions, dans le cas d’assemblées générales ou de réunions politiques. Les restaurants, bars et discothèques ne peuvent, quant à eux, pas accueillir plus de 50 personnes, personnel inclus.

Comment s’assurer que les établissements, sous pression financière ces derniers mois, respectent ces mesures?

La police du commerce sera chargée de faire respecter les règles, épaulée par la police cantonale et les agents municipaux si nécessaire. Néanmoins, Genève compte quelque 2500 établissements et il est impensable de mettre un policier derrière chaque porte. Nous comptons donc sur la responsabilité individuelle de chacun. Une attention toute particulière sera donnée aux discothèques, lieux de circulation par excellence.


Lire aussi sur le coronavirus en Suisse: 


Quid des cinémas, théâtres et autres salles de spectacle?

La limite de 100 personnes s’applique. Les établissements doivent également garantir suffisamment d’espace dans le public et éviter les longues files d’attente aux entrées. Nous sommes conscients des bouleversements que ces mesures occasionnent pour la branche. Comme nous l’avons fait pour les entreprises, des discussions sont en cours, avec la ville de Genève notamment, pour venir en aide aux acteurs culturels touchés.

Précisément, comment fonctionnera ce fonds de soutien cantonal?

La proposition vient d’être acceptée par le Grand Conseil, ce qui est une bonne chose. En ce qui concerne les fonds débloqués, les cautionnements et prêts accordés, les conditions de la Fondation d’aide aux entreprises, un outil existant, s’appliqueront comme d’ordinaire. Par ailleurs, la Caisse cantonale genevoise de chômage a déjà reçu une centaine de demandes de chômage partiel, en cours de traitement.

Lire enfin notre éditorial: Faire confiance

Sur le front sanitaire, où en est Genève?

Nous ne cessons d’adapter le dispositif en fonction de l’évolution de la pandémie. Des unités sont désormais dédiées aux patients atteints du coronavirus et un lieu affecté au tri permettra bientôt de gérer au mieux le flux des arrivées. Les HUG sont en mesure de doubler leur capacité d’accueil en disposant d’une soixantaine de lits aux soins intensifs. Afin de donner la priorité aux patients contaminés, il a été décidé de suspendre provisoirement les opérations de chirurgie planifiées, sauf pour l’oncologie et les urgences. Pour freiner toute contagion, les visites à l’hôpital sont également fortement limitées.