Avec l’affaire des fusils non récupérés auprès d’anciens miliciens et le rappel de 27 000 livrets de service pour vérifier des données manquantes, le Conseil fédéral hésite à confier au Département de la défense la responsabilité de la future organisation de lutte contre les cyber-risques. Cette mauvaise réputation en matière informatique colle aux basques d’Ueli Maurer.

Lorsqu’il a pris ses fonctions en 2009, le conseiller fédéral a découvert un véritable chaos dans ce secteur. Dans un rapport, il évoquait alors des lacunes en matière de capacité de gestion, des règles de conduite inexistantes, des acquisitions effectuées sans coordination. Il citait les 500 programmes informatiques acquis par l’armée mais incompatibles entre eux. Pour y remédier, il avait engagé à grands frais l’ancien patron de Swisscom, Jens Alder.

Manifestement, tout n’est pas encore rentré dans l’ordre. Mais le plus délicat reste l’avenir du système de conduite et d’information des Forces terrestres (FIS), acquis sous l’ère de Samuel Schmid pour 700 millions et qui n’a jamais donné satisfaction. «Le système fonctionne, le logiciel aussi, mais les données ne peuvent être codées. Si n’importe qui peut pirater le système, c’est inutile pour l’armée», avait avoué ce printemps Ueli Maurer, qui hésite à remettre quelques dizaines de millions pour rafistoler le système.