Max Göldi a purgé jeudi en Libye la moitié de sa peine, après deux mois de prison. Le Suisse n’a plus quitté le pays depuis bientôt deux ans en raison de la crise entre Berne et Tripoli qui a démarré le 15 juillet 2008 à Genève.

L’otage suisse a lancé un appel à Seif al-Islam, l’un des fils du colonel libyen Mouammar Kadhafi. Dans une lettre publiée sur le site Internet du quotidien «Oea», le Suisse détenu en Libye demande d’être considéré comme un «prisonnier d’opinion» et de pouvoir rentrer en Suisse.

Max Göldi, en prison depuis deux mois près de Tripoli, demande à Seif al-Islam d’«intervenir immédiatement», dans cette lettre citée par l’agence de presse ANSA. Le quotidien «Oea» est proche de Seif al-Islam. Max Göldi est en prison depuis le 22 février et n’a pas pu quitter le territoire libyen depuis près de deux ans.

Rappel des faits

19 juillet 2008: quatre jours après l’arrestation de Hannibal Kadhafi et sa femme à Genève, deux ressortissants suisses, Max Göldi et Rachid Hamdani, sont arrêtés en Libye. Tripoli leur reproche notamment des infractions aux lois sur l’immigration et le séjour.

21 juillet 2008: les deux Suisses sont libérés sous caution, mais ne peuvent pas quitter la Libye. Ils résident à l’ambassade de Suisse à Tripoli.

Eté 2009: les efforts diplomatiques échouent à faire libérer les deux Suisses.

20 août 2009: le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz présente ses excuses au gouvernement libyen pour l’arrestation d’Hannibal Kadhafi et signe un accord pour rétablir les relations bilatérales, mais ces deux initiatives ne suffisent pas à faire libérer Max Göldi et Rachid Hamdani.

18 septembre 2009: les deux otages suisses sont emmenés dans un lieu tenu secret.

4 novembre 2009: le Conseil fédéral suspend l’accord passé avec la Libye le 20 août. La Suisse établit une liste de 150 personnalités libyennes exclues de l’espace de Schengen.

9 novembre 2009: les deux otages suisses sont reconduits à l’ambassade de Suisse à Tripoli, sans mention d’aucun motif. Berne estime que les deux Suisses ont été «kidnappés».

1er décembre 2009: Max Göldi et Rachid Hamdani sont condamnés à 16 mois de prison ferme et à une amende de 2000 dinars libyens chacun (environ 1600 francs) pour «violation des règles sur les visas».

8 décembre 2009: la Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Navi Pillay demande la libération des deux Suisses.

Décembre 2009: Amnesty International lance une campagne de solidarité avec les deux otages.

31 janvier – 11 février 2010: Rachid Hamdani est blanchi de toutes les charges qui pesaient sur lui. Max Göldi en revanche écope d’une amende de 860 francs et d’une peine de prison réduite à quatre mois de prison.

22 février 2010: Peu avant l’expiration d’un ultimatum, Max Göldi quitte l’ambassade de Suisse et se laisse emmener en prison par la police libyenne. Le Tuniso-Suisse Rachid Hamdani est libéré.

1er mars 2010: Hannibal Kadhafi rend visite à Max Göldi dans sa prison.

10 mars 2010: Le Suisse fait appel à la Cour suprême de sa condamnation.

24 mars 2010: le Conseil fédéral est contraint par l’UE de renoncer aux restrictions sur les visas Schengen accordés aux 150 personnalités libyennes.

27 mars 2010: Max Göldi est transféré dans une cellule sans fenêtre ni eau chaude.

12 avril 2010: la justice genevoise condamne la «Tribune de Genève» pour la publication des photos de police de Hannibal Kadhafi.