affaire kadhafi

Max Göldi s’est rendu à la justice libyenne

L’un des otages suisses en Libye, Rachid Hamdani, aurait quitté lundi l’ambassade helvétique où il était réfugié et attend de pouvoir partir vers la Tunisie. Son compagnon d’infortune Max Göldi s’est rendu à la justice libyenne, après un ultimatum officiel de Tripoli

Rachid Hamdani est sorti à la mi-journée de l’ambassade suisse, encerclée par des dizaines de policiers, a rapporté un journaliste de Reuters sur place. Il s’est rendu aux services des passeports pour obtenir son visa de sortie. L’homme d’affaires devait partir «tout de suite après vers la Tunisie», dont il possède également la nationalité, avait indiqué un peu plus tôt son avocat libyen Salah Zahaf, cité par l’AFP.

Max Göldi s’est rendu

Max Göldi lui est sorti de l’ambassade où il était réfugié depuis des semaines et s’est rendu aux autorités libyennes, ont constaté les journalistes sur place. Condamné en appel à quatre mois de prison pour «séjour illégal en Libye», il devrait être conduit à la prison de Aïn Zara, près de Tripoli. «Nous allons par la suite déposer une demande de grâce auprès du Conseil supérieur des instances judiciaires», a ajouté l’avocat. Selon ce dernier, Max Göldi sera détenu dans une «prison ouverte où il pourra recevoir de la visite à tout moment». Il a précisé qu’en prison, son client bénéficiera des services d’un traducteur ainsi que d’une assistance médicale permanente.

Pour Human Rights Watch (HRW), une grâce serait le signe d’une solution politique à la crise. Amnesty International (AI) a de son côté exigé que Max Göldi puisse quitter «aujourd’hui» le territoire libyen, jugeant «tout à fait tragique» que l’homme d’affaires «paie» pour l’arrestation d’Hannibal Kadhafi en juillet 2008 à Genève.

Ultimatum libyen

Plus tôt dans la matinée, les autorités libyennes avaient donné à l’ambassade de Suisse à Tripoli jusqu’à midi (11 heures en Suisse) pour remettre l’otage à la justice libyenne. Accusant la représentation suisse «d’utiliser son immunité à des fins non reconnues par le droit international», le ministère libyen des affaires étrangères a menacé de prendre des «mesures» si M. Göldi n’était pas livré, a indiqué l’agence Jana, sans préciser la nature de ces mesures.

Au lieu de rester dans l’ambassade, Max Göldi doit se présenter à la police judiciaire pour purger sa peine», a déclaré le ministre libyen des affaires étrangères Moussa Koussa à la télévision satellitaire Al-Jazira.

M. Koussa a indiqué avoir convenu avec l’Allemagne et l’Espagne de faire sortir Rachid Hamdani de l’ambassade pour pouvoir quitter le pays et Max Göldi pour être remis à la police judiciaire, se disant «surpris que l’ambassade suisse continuait à détenir délibérément les deux hommes».

Ambassade encerclée

Plusieurs dizaines de policiers libyens ont encerclé lundi matin l’ambassade de Suisse à Tripoli, où se trouvaient également, selon une source judiciaire citée par l’agence italienne ANSA, des diplomates allemands, autrichiens, français et néerlandais.

A Berne, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a mis en garde contre tout coup de force contre l’ambassade. Dans un communiqué, il a rappelé que «la sécurité des représentations étrangères est toujours de la responsabilité du pays hôte». «Nous continuons de travailler à une solution» pour la libération de deux otages, retenus en Libye depuis un et demi, ont par ailleurs souligné les services de Micheline Calmy-Rey.

Médiation européenne

L’Union européenne s’efforce elle aussi de trouver une solution à la crise entre Berne et Tripoli, a indiqué le chef de la diplomatie espagnole Miguel Angel Moratinos avant une réunion des ministres européens des affaires étrangères à Bruxelles lors de laquelle la crise doit être évoquée. La présidente de la Confédération Doris Leuthard était attendue à Madrid pour prendre part aux discussions. La conseillère fédérale entend remercier le roi d’Espagne et le gouvernement pour leurs efforts, selon ses services. La crise entre la Suisse et la Libye avait déjà été évoquée jeudi dans la capitale espagnole en présence de la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey.

L’Italie et l’Allemagne ont également exprimé leur espoir qu’un accord puisse être trouvé. Le ministre transalpin des affaires étrangères Franco Frattini a ainsi espéré «que nous pourrons avoir un accord», à savoir une libération des deux Suisses et la levée de la «liste noire» établie par la Suisse sur l’octroi de visas Schengen aux ressortissants libyens. Selon lui, les contacts se sont poursuivis dimanche soir. Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi a notamment appelé le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a-t-il affirmé.

Les deux hommes d’affaires avaient été arrêtés le 19 juillet 2008 en Libye, après l’interpellation musclée à Genève d’un fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, Hannibal, et de son épouse, sur une plainte de deux domestiques accusant leur employeur de mauvais traitements.

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