Le parti socialiste du canton du Jura lance un pavé dans la mare des relations tendues entre le gouvernement jurassien et les autorités autonomistes de Moutier. Il propose de nommer le maire prévôtois Maxime Zuber à l'Assemblée interjurassienne, pour remplacer Jean Crevoisier, devenu juge d'instruction cantonal. La proposition socialiste arrive à un bien mauvais moment: il y a peu de chances pour que les ministres du canton du Jura fassent une fleur à Maxime Zuber, absent vendredi dernier de la manifestation d'inauguration du millénaire de la naissance de la communauté jurassienne.

Tout le monde souhaite que la ville de Moutier, pièce maîtresse de la Question jurassienne, soit représentée à l'Assemblée interjurassienne. Le Conseil d'Etat bernois avait désigné Maxime Zuber dans la délégation du Jura bernois l'été dernier, mais le maire de Moutier avait décliné l'offre, ne voulant pas prendre la place d'un de ses amis, Jean-Pierre Aellen.

Le parti socialiste jurassien saisit l'occasion du départ d'un de ses représentants pour proposer la candidature de Maxime Zuber, lui-même ravi de l'aubaine. Reste à convaincre le gouvernement jurassien, compétent pour désigner les délégués du canton du Jura à l'Interjurassienne. Tout porte à croire que l'exécutif jouera avec les nerfs et la patience des socialistes et de Maxime Zuber et qu'il ne rendra son verdict que dans plusieurs mois. Entre Moutier et le Jura, les relations risquent de rester glaciales.