Genève

Le MCG dépose plainte pénale contre Rémy Pagani

Le parti estime que le maire de Genève doit être poursuivi pour abus d’autorité dans l’affaire de la brochure trop partiale. Le MCG réclame aussi 25 000 francs pour ses frais de campagne liés au scrutin annulé

Comme si la tourmente politique et la procédure disciplinaire ne suffisaient pas. Le Mouvement Citoyens genevois (MCG) a déposé plainte pénale contre le maire Rémy Pagani pour abus d’autorité dans l’affaire de la brochure trop partiale ayant compromis la votation municipale sur les coupes budgétaires.

Cette plainte, rédigée par Me Romain Jordan, a été adressée le 24 octobre dernier au procureur général Olivier Jornot. Après avoir rappelé les faits ayant abouti à l’annulation du scrutin, le MCG évoque un dommage de 98 000 francs pour la collectivité qui doit payer l’ardoise de ce cafouillage et veut se constituer partie plaignante pour récupérer les 25 000 francs que lui a coûté sa propre campagne.

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Selon les plaignants, le comportement adopté par Rémy Pagani dans le cadre de l’élaboration de la brochure «est sans nul doute constitutif d’un abus de pouvoir». Au mépris de l’intérêt des citoyens et dans le seul but d’avantager son propre parti Ensemble à gauche, il aurait manœuvré pour concocter une présentation partiale destinée à orienter les votes. Pour ce faire, il aurait usé de ses prérogatives officielles «en dépassant les limites autorisées», «allant jusqu’à agir dans le dos de ses collègues afin de ne pas être stoppé dans son entreprise». Le MCG propose encore, à titre subsidiaire, l’infraction de gestion déloyale des intérêts publics. En influençant négativement l’élaboration de la brochure, Rémy Pagani aurait compromis la confiance des citoyens dans l’objectivité de l’exécutif.

«Curseur sévère»

En guise de conclusion, la plainte rappelle que le Ministère public s’est toujours montré rigoureux en matière de dérapages politiques. Il rappelle l’affaire des Grands-Esserts à Veyrier ou encore celle d’un employé de la Ville de Carouge mis en prévention pour avoir demandé à une collègue de lui recoudre son pantalon de costume durant ses heures de travail. «A l’aune de ce curseur particulièrement sévère, on ne saurait comprendre que les agissements de Rémy Pagani ne fassent pas l’objet d’une enquête pénale complète et sérieuse», ajoute le texte tout en sollicitant une perquisition des courriels du maire afin de savoir si des tiers ont participé à la rédaction de la brochure querellée.

Le Ministère public, par la voix de son porte-parole Henri Della Casa, n’a pas de déclaration à faire sur ce cas particulier. De telles infractions étant poursuivies d’office, on imagine que le procureur général n’aurait pas attendu le MCG pour ouvrir une procédure si le caractère pénal de ce dossier s’était imposé. De son côté, Rémy Pagani, qui ne sait rien de cette plainte, ne s’exprime pas davantage.

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