Genève

«Le MCG se retrouve dans une situation de collusion»

La tenue d’une soirée d’entreprise dans un bar géré par deux élus du parti est critiquée. Eric Stauffer et Carlos Medeiros contestent toute collusion

Le MCG soupçonné de mêler politique et affaires

Genève La tenue d’une soirée d’entreprises dans un bar géré par deux élus est critiquée

Niché dans une rue perpendiculaire à celles du Rhône et de Rive, le Bar à Whisky est sans doute plus connu du grand public pour ses gérants que pour ses soirées. Depuis presque une année, la boîte de nuit est entre les mains du président d’honneur du Mouvement citoyens genevois, Eric Stauffer et celles de son vice-président, Carlos Medeiros. Les soirées y sont jugées «très festives», le public aussi nombreux que les photos relayées sur les réseaux sociaux.

Le 12 février, l’établissement accueille une soirée d’entreprises. Pas n’importe lesquelles, puisqu’il s’agit des opérateurs Naxoo et Cablecom, dont le rapprochement a été balayé trois jours plus tôt par les électeurs de la ville de Genève. Farouchement défavorable, dans un premier temps, à la vente du téléopérateur genevois Naxoo, le MCG avait revu sa position et défendu la cession des actions que possède la municipalité dans la société, soit 51,2% d’entre elles pour un montant de 57,5 millions. Sans succès, le référendum lancé par l’extrême gauche genevoise balayant tout espoir d’encaisser la somme promise.

Ce revirement politique, des élus municipaux s’en sont étonnés. La soirée hébergée par le Bar à Whisky a fini par les convaincre qu’il ne pouvait pas s’agir d’une coïncidence. En cause, l’une des activités professionnelles de Carlos Medeiros et d’Eric Stauffer consiste à posséder et diriger la société Medinex. Laquelle pourrait hypothétiquement offrir la téléphonie mobile au géant zurichois Cablecom, qui ne délivre actuellement que le «triple play» (télévision, téléphone, Internet).

«Soupçon de copinage»

«Le MCG se retrouve clairement dans une situation de collusion», condamne la conseillère municipale Maria Perez (Ensemble à Gauche). «Au minimum, il s’agit là d’une maladresse», commente Simon Brandt, élu libéral-radical. Avant de se raviser: «Plus qu’une maladresse, c’est une faute politique, un soupçon de copinage qui ajoute de la confusion dans ce dossier.» Contacté, Carlos Medeiros rétorque qu’il ne s’agit que d’une affaire «comme les autres». «Dès que j’ai pris connaissance de cette soirée, je n’ai plus pris part aux votes. Quant à faire des affaires avec Cablecom, je ne m’en cache pas, je le ferais si cela devait se produire.» Eric Stauffer, lui, concède que la tenue de cette soirée n’aurait pas eu lieu si elle avait été organisée avant les votations. «Nous avons répondu à un appel d’offres», assure ce dernier. Reste que la réponse du Bar à Whisky est intervenue avant le 9 février, date de la votation municipale.

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