Ne faites pas dire à Chris Patten ce qu'il n'a pas dit! Le commissaire européen aux Relations extérieures s'en est pris jeudi au très sérieux Financial Times, auquel il reproche d'avoir mal interprété ses propos dans un éditorial sur la Suisse. Dans un commentaire sur le rejet de l'initiative «Oui à l'Europe!» publié mardi, le quotidien britannique du milieu des affaires écrivait que la lettre au vitriol adressée le 21 février par Chris Patten à Joseph Deiss n'était pas étrangère à ce résultat. Le commissaire y laissait entendre que la ratification des accords bilatéraux par les parlements des Quinze pourrait pâtir du refus du Conseil fédéral à négocier sans attendre sur la lutte contre la fraude douanière et la fiscalité de l'épargne. Une menace qualifiée de malvenue par le FT, bible des eurocrates.

Chris Patten n'a pas du tout aimé. Il l'a fait savoir dans une lettre de lecteur publiée jeudi par le respectable journal saumon. «Ma lettre ne visait pas à établir un lien (avec la ratification des bilatérales, ndlr) mais à dire clairement qu'il ne pouvait y en avoir un, rétorque le commissaire. J'ai voulu dire – et je le maintiens – que les perspectives de ratification seraient meilleures si des progrès pouvaient être réalisés sur tous les fronts.»

Une mise au point qui ne convaincra personne, à commencer par Joseph Deiss. Le conseiller fédéral avait écrit dès le 23 février au commissaire pour lui signifier «qu'aucun lien» ne peut être établi entre les bilatérales et les négociations sur le point d'être lancées.