Médecine et psychiatrie se remarient en prison

Genève Un nouveau grand service est créé

Un nouveau Service de médecine et de psychiatrie pénitentiaires (SMPP) sera créé à Genève pour regrouper l’ensemble des activités et des soins prodigués aux détenus sous une seule responsabilité médicale. Cette lourde tâche a été confiée au Dr Hans Wolff qui dirige déjà les soins somatiques en milieu carcéral et qui s’était vu confier le pilotage de La Pâquerette, en pleine tourmente, au lendemain de la mort d’Adeline. Sa première mission consistera à organiser la structure avant la très prochaine ouverture de Curabilis.

Modèle retrouvé

Annoncée lundi par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), cette mue est aussi un retour au modèle de prise en charge globale qui avait fait la réputation de la médecine pénitentiaire du canton bien au-delà des frontières. Jusqu’en 2007, les soins somatiques et psychiatriques aux détenus étaient réunis dans un même service et sous la houlette de patrons successifs – les professeurs Jacques Bernheim et Timothy Harding, capables de tenir tête aux autorités politiques. A défaut de trouver une perle rare qui aurait cumulé les qualités pour le poste, et face aux appétits des départements impliqués, la direction des HUG avait choisi de démanteler le service et de placer les soins sous des responsabilités différentes.

Le nouveau SMPP sera rattaché au Département de médecine communautaire, de premier recours et des urgences. Le Département de santé mentale et de psychiatrie du professeur Panteleimon Giannakopoulos perd désormais de son pouvoir. Ce dernier chapeautait l’unité de psychiatrie pénitentiaire dirigée par le Dr Ariel Eytan, lui-même éclaboussé par la puissance manipulatrice de Fabrice A.

La nomination du Dr Hans Wolff, un médecin attaché à l’éthique, à la recherche et au respect des droits des détenus, rassurera ceux qui craignent une remise en question trop radicale du secret médical en prison et une perte d’indépendance des thérapeutes au profit des directions péniten­tiaires. L’offensive est déjà lancée du côté des politiques et la résistance ne sera pas forcément facile.