La Fédération des médecins suisses (FMH) soutiendra finalement la 5e révision de la loi sur l'assurance invalidité (AI), sur laquelle les Suisses voteront le 17 juin. Par 21 voix contre 8, l'assemblée des délégués a décidé mercredi de ne pas suivre l'avis de son comité central, qui proposait de rejeter la révision. La semaine dernière, le président de la FMH, Jacques de Haller, dénonçait dans nos colonnes «une tonalité de suspicion dans cette loi qui est en absolue opposition avec ce que devrait être la médecine».

Les délégués ont estimé que «les éléments positifs» apportés par la nouvelle loi, notamment la détection précoce, l'emportaient sur certaines innovations critiquables, à commencer par «le soupçon généralisé et erroné d'abus» de la part de prétendus faux invalides, a indiqué la FMH.

«Un refus risque de bloquer tout le processus pendant des années. Nous avons préféré soutenir la révision, tout en soulignant ses aspects négatifs et en maintenant de sérieuses réserves sur des points qui posent un problème et dont nous suivrons attentivement la mise en application, tels que l'affaiblissement du secret médical», a réagi Jacques de Haller.

Pour le président mis en minorité, la discussion a néanmoins permis d'aboutir à un rapprochement des points de vue. «L'assemblée des délégués a vocation à être un lieu de consensus. Il est important que nous ayons pu parvenir à une résolution que chacun peut soutenir.»

C'était un premier test politique pour l'assemblée des délégués, un organe décisionnel mis sur pied par la FMH depuis le début de l'année seulement.