Plusieurs organisations de médecins vont lancer un référendum contre le projet de loi «managed care» approuvé vendredi par le Parlement. En revanche, l’Organisation suisse des patients (OSP) ne le soutiendra pas.

Le comité central de la Fédération suisse des médecins (FMH) se range derrière le résultat de la votation générale et participera au comité référendaire, a indiqué la FMH dans un communiqué. Sur plus de 35’000 membres de l’association, 42% s’étaient exprimés et 66% des votants avaient soutenu le référendum.

Formellement et statutairement toutefois, la Chambre médicale de la FMH devra prendre la décision de soutenir ou non un référendum. Elle le fera à fin octobre.

Bien que la Chambre médicale ait soutenu le «managed care» en 2006 et que la majorité des médecins de famille travaillent déjà volontairement en réseau, le projet de loi ne convainc pas. La restriction du libre choix du médecin et la coresponsabilité budgétaire obligatoire dérangent, a précisé la FMH.

Huit organisations de médecins participent à la création du comité référendaire, a déclaré à l’ats Jacques de Haller, président de la FMH. Il s’agit des sections cantonales de Berne, des deux Bâle et de Schaffhouse ainsi que des spécialistes comme les ophtalmologues, dermatologues et ORL.

Selon Jacques de Haller, l’Association suisse des médecins- assistant(e)s et chef(fe)s de clinique (ASMAC) les a également rejoints. La question de savoir qui va prendre la présidence du comité référendaire reste ouverte. D’autres petites associations médicales sont également intéressées à rejoindre les référendaires.

La Fédération des associations des retraités et de l’entraide en Suisse (FARES) va également soutenir le référendum. Selon elle, les personnes qui ont de petites rentes seraient obligées pour des raisons financières de rejoindre un réseau de médecins et devraient quitter leur médecin de famille qui a toute leur confiance et qui les suit depuis longtemps.

L’Organisation suisse des patients (OSP) ne soutiendra toutefois pas le référendum. Le projet de loi est finalement plus modéré que ce qui était attendu, a déclaré à l’ats Margrit Kessler, présidente de l’OSP, pour justifier ce choix.

De son côté, le PS décidera lors de l’assemblée des délégués du 3 décembre s’il soutient ou non le référendum. Le parti ne le lancera toutefois pas lui-même.

En votation finale, le Parlement a accepté vendredi le projet de loi sur le «managed care». La révision de la loi sur l’assurance maladie (LAMal) prévoit que seuls les patients qui rejoignent les réseaux de soins continueront de s’acquitter de 10% de leur facture, une fois la franchise atteinte. Les partisans du libre choix du médecin verront cette quote-part passer à 15%.

Le Forum Managed Care (FMC), plateforme indépendante encourageant la compréhension à l’égard du système de soins intégrés, salue la décision du Parlement. Le réseau de soins intégrés conduit à une «meilleure médecine» parce qu’un traitement coordonné évite d’innombrables doublons, malentendus et autres erreurs, note le FMC dans un communiqué.

La part des personnes ayant opté pour un modèle de médecin de famille a plus que doublé depuis 2007 et s’est élevée à 50,9% en 2011. Quel que soit le résultat d’une votation populaire, le système de soins intégré continuera de se consolider en Suisse, ajoute le FMC.

Le groupe PDC-PEV-PVL abonde dans ce sens. «Le projet Managed care permet non seulement d’améliorer la qualité et d’augmenter l’efficacité de la prise en charge des soins médicaux mais également de freiner l’escalade des coûts».