Un conflit «persistant», selon les médecins-chefs. Un conflit «latent et connu», réplique la Fondation des Hôpitaux de la Riviera, dans le canton de Vaud. Quel que soit le qualificatif de la querelle entre les praticiens et la direction de l’établissement, c’est désormais l’Office cantonal de conciliation et d’arbitrage qui devra la démêler. En effet, la Société vaudoise de médecine (SVM) a saisi l’organe qui traite les conflits collectifs de travail. Au grand étonnement de la Fondation des Hôpitaux de la Riviera.

La faîtière des praticiens dénonce «le style peu partenarial de la nouvelle direction incarnée par Pascal Rubin», en place depuis janvier 2011. «La convention collective de travail (CCT) qui règle les relations entre médecins et hôpitaux privés d’intérêt public n’est pas respectée», accuse Jean-Joseph Boillat, président du Groupement des médecins hospitaliers de la SVM. En clair, la CCT reconnaît aux médecins-chefs «une fonction dirigeante élevée». Par conséquent, ils sont en droit d’œuvrer en partenariat avec la direction des institutions. Or, «Pascal Rubin exerce de façon autoritaire sa direction», note encore Jean-Joseph Boillat, médecin-chef auprès de l’Hôpital Riviera. Pour l’exemple, il cite la restructuration du service de radiologie, qui a abouti «à deux départs et un burn-out».

Après de «vaines tentatives de règlement du conflit, de guerre lasse», les médecins-chefs se sont adressés à l’Office de conciliation. L’action vise «le respect de la CCT, jusqu’au bout», souligne le cadre. Si le différend devait durer, «il pourrait compliquer la mise sur pied du nouvel hôpital de Rennaz, dans le Chablais».

Confiance dans la direction

Pierre Rochat, président du conseil et du comité exécutif de la Fondation, relève la «vision unilatérale» de la SVM. La direction a de son côté proposé médiations et rencontres. Et «les choses progressent», note le municipal PLR à Montreux: «La radiologie est en phase de restructuration.» Pierre Rochat évoque et comprend «l’appréhension et les craintes face aux changements». En revanche, il souhaite que les médecins-chefs «se remettent en question à l’heure de l’évolution et de la modernisation de l’établissement, qui requièrent un certain degré de hiérarchisation». Pierre Rochat conclut en rappelant que la Fondation conserve sa confiance dans son directeur. Dès lors, le comité exécutif «s’engage avec sérénité dans la procédure de conciliation».