Les délégations suisse et libyenne poursuivaient samedi à Berlin, sous l’égide de l’Allemagne, leurs entretiens visant à résoudre la crise entre les deux pays. Mais les parties ne donnent aucune information quant au contenu des discussions.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a simplement confirmé samedi à l’ATS que des entretiens avec la Libye ont lieu ce week-end sous l’égide de la médiation allemande à Berlin. «La Suisse fera tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir la libération des deux Suisses retenus en Libye», a précisé un porte-parole.

Interrogé par l’ATS, le ministère allemand des Affaires étrangères n’a souhaité faire aucun commentaire.

Michael Ambühl à Berlin

La réunion qui a débuté vendredi a été entourée de la plus grande discrétion afin de préserver le maximum de chances à un éventuel accord face à la forte pression médiatique. Seule certitude: le secrétaire d’Etat au DFAE Michael Ambühl est arrivé vendredi après-midi au ministère allemand des affaires étrangères.

A Bruxelles, des diplomates ont dit espérer que les «efforts intenses de médiation» de l’Union européenne (UE) permettent un réglement d’ici lundi. Jeudi à Madrid, Micheline Calmy-Rey a rencontré le ministre libyen des affaires étrangères Moussa Koussa en présence du chef de la diplomatie espagnole Miguel Angel Moratinos.

M. Moratinos, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE, a fait état de «progrès» dans la situation «difficile» entre la Suisse et la Libye. Les négociations entre les parties ont d’ailleurs continué vendredi au niveau technique à Madrid.

Crise liée aux visas

Le conflit a pris une ampleur sans précédent, impliquant jusqu’à la médiation européenne, depuis que la Libye a décidé le week-end dernier de suspendre ses visas d’entrée aux ressortissants de l’espace de Schengen. Cette mesure a été prise en représailles au durcissement de la politique de visas de la Confédération à l’égard de 150 Libyens, en vigueur depuis novembre dernier.

L’enjeu des négociations en cours concerne surtout le sort des deux Suisses retenus depuis juillet 2008 en Libye et dont Berne réclame la libération. Les deux hommes ont été arrêtés après l’arrestation de l’un des fils du colonel Kadhafi, Hannibal, dans un palace genevois.

Quelle que soit l’issue de la crise, la présidente de la Confédération Doris Leuthard aura encore l’occasion d’évoquer le sujet lundi à Madrid lors de sa visite de travail.