Moritz Leuenberger tombe au mauvais moment. En d'autres temps, le parlement verrait peut-être d'un œil moins méfiant ces neuf protocoles censés compléter la Convention internationale sur la protection de l'Arc alpin, que la Suisse a ratifiée au même titre que l'UE et six Etats voisins. Le débat actuel est cependant influencé par d'autres dossiers politiques: la polémique autour du doublement du Gothard, la probable fermeture des centres de tri postal dans les régions périphériques, les restrictions budgétaires imposées par le frein à l'endettement.

Si l'on ajoute à cela la crainte suprême du Suisse ordinaire, soit la menace du juge étranger, on comprend mieux pourquoi le conseiller fédéral devra se résoudre à remballer ces protocoles dans ses cartons. Contrairement à d'autres pays, la Suisse a tendance à appliquer le droit au pied de la lettre. L'adoption de ces textes représenterait pour elle un casse-tête permanent. En d'autres temps, peut-être le parlement parviendrait-il à n'y voir que des recommandations générales sans implications contraignantes. L'époque actuelle, qui conjugue méfiance et caisses vides, n'est cependant pas favorable à une telle approche.