Il avait accepté de témoigner pour Le Temps à propos des incursions en Suisse de braqueurs lyonnais. Pendant les fêtes, il a fait une apparition à la télévision française, sur Canal +, dans un documentaire choc sur les nouveaux caïds du grand banditisme.

Redoine Faïd, 38 ans, un repenti qui a purgé 10 années de prison pour attaques de fourgons blindés, est aujourd’hui recherché par la police dans le cadre d’un braquage avorté qui a coûté la vie à une policière municipale le 20 mai 2010 dans la région parisienne.

Vingt sept personnes viennent d’être interpellées dans cette affaire. Manque un homme, suspecté «d’avoir occupé un rôle important» dans cette équipe à la fois composée de malfaiteurs chevronnés et de jeunes garçons issus de quartiers dits sensibles: Redoine Faïd, surnommé «le Doc», qui dans un ouvrage* publié à la rentrée, raconte sa vie de caïd des cités, des vols de supérette aux attaques à mains armées.

Il se vante de n’avoir jamais versé le sang et de faire partie de l’aristocratie des braqueurs. Un homme respecté, dit-on, de la police qui l’aurait élu «meilleur ouvrier de France dans le grand banditisme». Cette même police s’est rendue mardi à son domicile de Courbevoie afin de lui poser des questions. Il était absent. Idem sur son lieu de travail (il est aujourd’hui attaché commercial).

Redoine Faïd est en cavale. Selon un de ses proches cité par le site Le Post, «sa disparition n’est pas un aveu de culpabilité, mais vu son pedigree, il doit se dire que la police veut le coincer et il mettra deux ans pour prouver son innocence». Une partie de la hiérarchie policière n’apprécierait pas que Redoine Faïd autocélèbre ses crimes à la fois dans un livre et à la télévision (on évoque même une adaptation au cinéma de son récit).

Le Point a indiqué jeudi que Redoine Faïd a contacté mercredi soir son avocat. Il aurait l’intention de se rendre et a expliqué sa fuite par la crainte d’être assimilé par erreur à l’affaire du 20 mai.

* «Braqueur, des cités au grand banditisme». La manufacture de livres