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Le siège de Yannick Buttet au National, le jour de l’annonce de son retrait temporaire, le 4 décembre 2017.
© PETER KLAUNZER / Keystone

harcèlement

Avant même de discuter avec son parti, Yannick Buttet a démissionné du National

La pression s'est accrue ce week-end sur le PDC valaisan, qui a annoncé dimanche soir sa démission du Conseil national. La justice valaisanne a ouvert une procédure pénale, et le PDC suisse insiste fortement pour rencontrer l'ex-député accusé de harcèlement

Il jette l’éponge, dans l’intérêt de sa famille et de son parti, a-t-il indiqué dimanche soir dans un communiqué relayé par son avocat. Le conseiller national Yannick Buttet démissionne avec effet immédiat de son poste de député à la Chambre du peuple. Il renonce ainsi à l’une de ses fonctions politiques – outre la députation à Berne, il est aussi président de sa commune de Collombey-Muraz, une fonction dont il s’est mis en retrait temporaire. Il avait en outre déjà annoncé sa démission de la vice-présidence du PDC au début du mois de décembre.

Lire aussi: Avec Yannick Buttet, le Valais perd une voix à Berne

Cette annonce est intervenue après que le procureur général adjoint du Valais a confirmé à la NZZ am Sonntag l’ouverture d’une procédure pénale pour contrainte à l’encontre du Valaisan, accusé de harcèlement par une ancienne maîtresse. Les actes qui lui sont reprochés sont passibles de l’emprisonnement, jusqu’à 3 ans, ou de l’amende.

Depuis le 4 décembre, Yannick Buttet a suspendu ses activités politiques afin de suivre un traitement contre sa dépendance à l’alcool. Il a mis sur le compte de la boisson des comportements qu’il a qualifiés de «gros lourd». Il ne s’exprime donc pas publiquement, communiquant par le biais de son avocat à l’image de ce qu’il a fait dimanche soir, ce qui embarrasse toujours davantage la direction de son parti national.

Ce samedi: De nouveaux témoignages détaillent les dérapages à répétition de Yannick Buttet

Le PDC suisse parle d'«actes inacceptables»

Samedi dans l’après-midi, après de nouvelles accusations portées par six femmes révélées par Le Nouvelliste et Le Temps, la présidence du PDC a diffusé un communiqué fustigeant des «actes totalement inacceptables». Le parti ne questionne pas les témoignages en soi, et qualifie directement les actions dénoncées. Un ton ferme pour un propos néanmoins contradictoire: le parti veut rencontrer Yannick Buttet «dans les plus brefs délais», tout en ajoutant: «… une fois que son état de santé le permettra».

En fin de journée, au micro de Forum sur RTS La Première, le président du PDC du Valais romand Serge Métrailler, a lancé: «Je refuse que l’on dise que nous voulons gagner du temps.» Face à la stupeur («Je suis sans voix») suscitée par les nouvelles accusations, il a insisté sur sa «position inconfortable», tout en répétant: «Il n’y a pas d’urgence politique.»

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Yannick Buttet semble anticiper une exclusion

Avec sa démission, divulguée avant même toute rencontre avec la direction du PDC suisse, le Valaisan n’arrange pas ses relations avec sa hiérarchie. Dimanche après-midi, la Jurassienne Anne Seydoux-Christe, membre de la présidence du parti, évoquait «une difficulté réelle»: «Il est de l’intérêt du parti comme de celui de Yannick Buttet qu’il puisse y avoir un entretien au plus vite. Et on ne parle pas d’un délai en termes de mois. Mais nous admettons que les prochaines étapes dépendent de sa capacité, à lui, de pouvoir mener une telle rencontre.»

Le communiqué du PDC de samedi semblait déjà s’adresser à Yannick Buttet lui-même plutôt qu’au reste du pays. Avec son retrait du parlement fédéral, le Valaisan paraît anticiper une exclusion. La position de la direction du parti, qui a depuis le début insisté sur l’importance d’une entrevue, devient de plus en plus délicate.

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