Elections vaudoises

Même élargie, la droite vaudoise reste impuissante

La solide alliance qui lie les Verts aux socialistes nargue la droite qui fera tout pour solidifier la sienne durant les cinq ans à venir. En attendant, le gouvernement vaudois sera régi par une majorité de gauche 

Dimanche, les Vaudois ont plébiscité le statu quo de leur gouvernement en élisant leur ministre verte sortante Béatrice Métraux et la candidate socialiste Cesla Amarelle (en remplacement d’Anne-Catherine Lyon qui ne se représentait pas). À 4 contre 3, l’alliance rose-verte conserve sa majorité au Conseil d’Etat. La gauche a tout de même tremblé durant ce second tour face à un véritable coup de force de la droite proposant une coalition élargie inédite. Stratégie dont le leitmotiv était «rien à perdre».

Je n’ai jamais vécu de mobilisation aussi forte de la part de nos partis de gauche que durant cet entre-deux-tours

Nuria Gorrite

En effet, le PLR avait passé ses trois ministres sortants au premier tour, l’UDC n’avait aucune chance de mobiliser la droite entière avec son seul candidat Jacques Nicolet, les Vert’libéraux affichaient un score pratiquement inexistant de 8%. L’entrée de la Vert’libérale Isabelle Chevalley dans la course le 1er mai au soir, main dans la main avec l’UDC a fait grincer des dents dans tous les partis. Le résultat n’a pas suivi, la participation a baissé de deux points: les Vaudois se montrent ainsi satisfaits de la façon dont leur canton est gouverné.

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Les socialistes sont soulagés que les électeurs n’aient pas voulu d’un 5 à 2, comme le proposait la droite. «Je n’ai jamais vécu de mobilisation aussi forte de la part de nos partis de gauche que durant cet entre-deux-tours», déclare, rayonnante, Nuria Gorrite. «Plus que la peur, c’est l’envie qui les a mobilisés!»

La gauche en rouleau compresseur

Dans le camp de la droite, l’UDC Jacques Nicolet est le seul qui laisse véritablement transparaître sa déception, une tristesse, même. «Je suis épuisé», nous dit-il en lançant quelques coups de fil pour annuler «sa soirée au Fouquet’s» à lui, des grillades pour 150 invités dans son jardin à Lignerolle. Il échoue 6500 voix derrière Cesla Amarelle, un écart relativement comparable à ce qu’il avait fait au premier tour. Il regrette un «manque de mobilisation général de la part de la droite, surtout du PLR» mais remercie les siens d’avoir accepté cette large coalition avec les Vert’libéraux. «J’envie l’alliance de gauche qui fait un effet de rouleau compresseur au moment des votes. Il faut désormais fédérer cette droite avec les Vert’libéraux et les PLR».

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Même son de cloche chez la Vert’libérale Isabelle Chevalley. «Nous visons la même solidité que la coalition de gauche. J’appelle mon parti à continuer à travailler avec l’UDC et le PLR au Grand Conseil, ce n’est que comme ça que l’on peut exister: regardez le score de Sylvie Villa au PDC (6%)». Loin de l’abattement de Jacques Nicolet, Isabelle Chevalley, elle, semble contente d’avoir essayé. «On a offert aux Vaudois un débat qui n’était pas au premier tour, nous leur avons proposé un vrai programme de droite. Aujourd’hui, nous avons des élus qui sont légitimes», déclare-t-elle bonne perdante.

Les PLR ont cassé les crayons

Durant l’entre-deux-tours Pascal Broulis avait appelé la droite à «casser les crayons»: il a été entendu au sein de son parti. Les électeurs PLR ne sont que 6% à avoir tracé le nom de Jacques Nicolet et 9% à avoir raturé Isabelle Chevalley. Si la stratégie n’a pas payé au Conseil d’Etat, elle risque de tout changer au sein du Parlement.

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Alliés, les trois partis détiendront la majorité des voix au Grand Conseil, ce qui n’était pas le cas durant la législature précédente. Jacqueline de Quattro a «un œil qui rit et un œil qui pleure». Déçue que la droite ne l’emporte pas au Conseil d’Etat, mais ravie que les femmes y restent majoritaires. Pascal Broulis aussi a sa part de satisfaction: «mon fils remporte aujourd’hui la troisième place suisse d’escrime».

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