Le drame de Beuson est une affaire dont le Valais se serait passé. Car il implique une compagnie qui participe à sa légende. Et pourtant, ne serait-ce que pour la mémoire des huit personnes décédées, la justice doit faire son travail. De toute évidence dans cet accident, il n'y a pas que la fatalité et le soleil qui ont jeté à terre les deux appareils. Des négligences ont précédé ce drame. Dans un premier temps, la responsabilité du pilote a pu paraître vraisemblable. Mais d'autres circonstances ont dû être prises en compte. Evidemment, la mise en cause judiciaire d'Air Glaciers en Valais exige du courage, voire de l'audace. Mais d'un autre point de vue, que penser de ce dossier pénal enterré au nom d'un raisonnement procédural discutable, et de ce Ministère public valaisan qui ne s'est pas donné les moyens de suivre le cours d'une affaire aussi dramatique? Dans d'autres contextes, la justice valaisanne intervient avec rigueur pour bien moins, moins que le drame toujours inexpliqué de Beuson.