Les plages d’Alcossebre, la famille Meier n’en aura profité qu’une petite dizaine de jours. Ces habitants de Suisse orientale ont préféré écourter leur séjour en Espagne plutôt que de risquer une amende des autorités scolaires saint-galloises. Dans ce canton, les parents d’élèves qui manqueraient l’école en raison d’une quarantaine imposée au retour d’un voyage dans un pays à risque pourraient être condamnés à une sanction allant jusqu’à 1000 francs.

«Le calcul a été vite fait. Il nous coûtait moins cher de raccourcir notre séjour plutôt que d’envisager une quarantaine sur les premiers jours d’école. Cela aurait impliqué non seulement un risque d’amende mais aussi un manque à gagner pour nous qui devions retourner travailler», relativise la mère de famille. Comme dans le cas des Meier, la stratégie de la menace semble avoir fonctionné dans le canton de Saint-Gall. «Notre loi cantonale donne la possibilité aux écoles de mettre à l’amende les parents qui contreviennent aux obligations scolaires de leur enfant. Notre objectif a été de nous servir de cet outil de façon préventive», souligne Stefan Kölliker, le conseiller d’Etat chargé de l’Instruction publique.

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Avertissement plutôt qu’amende

Selon les premiers chiffres, les établissements scolaires n’ont enregistré que 70 cas de quarantaine sur les plus de 46 000 élèves qui ont repris la semaine dernière. Pour l’heure, aucune amende n’a été prononcée. Si nécessaire, les milieux scolaires ont privilégié les avertissements, au vu du court laps de temps laissé aux parents pour réorganiser leurs séjours estivaux.

Mais la donne pourrait changer lors des vacances d’automne. «Cette fois, les familles qui voyageront dans un pays à risque sans anticiper le temps d’isolement à leur retour le feront en toute connaissance de cause. Si la quarantaine empêche leur enfant de se rendre à l’école, les parents seront pleinement conscients des conséquences possibles», insiste la responsable du service juridique de Saint-Gall, Franziska Gschwend.

En Suisse, la pratique saint-galloise fait figure d’exception. A l’autre bout du pays, Genève est l’un des seuls cantons qui délivreront des absences injustifiées aux élèves placés en quarantaine lors de la rentrée scolaire, dès lors que ces derniers auraient eu le temps nécessaire pour anticiper leur retour d’un pays à risque et effectuer leur auto-isolement durant les vacances. Les autres cantons préfèrent octroyer des absences justifiées pour garantir le respect des mesures sanitaires.