Jeudi, au lendemain de la décision du Conseil municipal genevois d'accorder un crédit de 63 millions de francs à la construction du nouveau musée d'ethnographie dans le quartier des Tranchées, la question du lancement d'un référendum demeurait d'actualité. Opposés au projet, les libéraux et les démocrates-chrétiens avaient, avant le débat, indiqué qu'ils examineraient cette voie. Pour l'instant, aucune décision n'est prise.

Pas de précipitation

Le temps ne presse pas trop, car l'arrêté municipal, prenant acte du choix exprimé par une majorité d'élus, ne sera publié qu'après les vacances scolaires, qui ont lieu la semaine prochaine. Dès ce moment, les éventuels référendaires disposeront de 30 jours pour manifester leur choix.

Les démocrates-chrétiens de la section Ville de Genève ont décidé de se réunir le 5 mars pour étudier cette opportunité. Ce délai leur permettra de sonder leurs habituels partenaires politiques et associatifs. Quant aux libéraux, ils n'ont pas encore inscrit ce débat à leur ordre du jour.

La tentation est grande. Car en cette année électorale, cantonale certes, l'aboutissement d'un référendum serait indéniablement un atout pour celui qui en est à l'origine. Et sachant qu'un référendum pour un projet de près de 100 millions de francs a des chances d'aboutir, peut-être qu'un parti se laisserait tenter. L'Union démocratique fédérale (UDF), proche des milieux évangélistes, en a bien lancé un contre le Pacs, profitant ainsi d'un coup de projecteur médiatique pour sortir de l'anonymat.

Pour décourager les référendaires potentiels, le maire de Genève, Alain Vaissade, serait bien inspiré de dévoiler les sommes promises par des mécènes, qui sont encore inconnues. Car, en contrepartie d'une diminution de la participation financière de la Ville, proposée pour obtenir le soutien des radicaux, la part provenant des fonds extérieurs a augmenté de 10 millions de francs.