sécurité

Les menaces envers les politiciens s’accroissent

Le Service fédéral de la sécurité a recensé plus de 100 cas depuis le début de l’année

La confession du président du Parti socialiste, Christian Levrat, dans le «SonntagsBlick», affirmant avoir été menacé de mort, a brisé une forme de tabou: même s’ils n’en disent souvent rien, les politiciens suisses sont régulièrement la cible de menaces. L’attaque dirigée contre Christian Levrat interpelle d’autant plus qu’elle émane du boucher d’une petite ville.

Le quotidien «Blick» avance des chiffres confirmés par le Service fédéral de sécurité. Entre 2009 et 2013, bon an mal an, entre 105 et 128 cas de menaces proférées contre des politiciens ou des fonctionnaires ont été signalés au service fédéral. Pour les six premiers mois de 2014, le service a déjà connaissance de 102 plaintes, ce qui laisse supposer un total annuel bien supérieur à celui des années précédentes.

Et les cas déclarés sont bien en dessous de la réalité: «Beaucoup de gens n’annoncent pas les menaces», fait remarquer Adrian Brügger du Service fédéral de sécurité cité par «Blick». Le quotidien a ainsi interrogé le président du Parti libéral-radical, Philipp Müller, qui se dit «régulièrement menacé, le plus souvent anonymement, par e-mail, lettre ou téléphone». Mais il n’a pas alerté le service fédéral, ne voulant pas donner trop de poids aux attaques.

Le pourfendeur de l’armée Jo Lang confirme que «les menaces appartiennent au quotidien», surtout lorsqu’on prend position sur l’armée, l’indépendance du pays, l’immigration ou la famille.

L’expression de la haine atteint même les conseillers fédéraux. Menaces de mort proférées contre l’ancien conseiller fédéral Samuel Schmid, et plus récemment prises de positions haineuses sur le forum online du quotidien zurichois envers Simonetta Sommaruga qui avait dénoncé la stratégie d’asile de l’UDC.

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