Les grands traits de caractère des personnages de la pièce qui se jouera cet automne sont connus, mais personne ne connaît encore exactement le script. Et pour cause: la plupart des acteurs de la scène politique genevoise se sont vu distribuer de nouveaux rôles lors des élections de l'année dernière. La nouvelle configuration politique sortie des urnes a en effet mis un terme à l'affrontement manichéen gauche contre droite de ces quatre dernières années. Depuis, les partis, et particulièrement les socialistes, semblent chercher leurs marques. Mais l'heure des grandes décisions a sonné. Elles concernent le déficit public et la manière de le contrôler.

Après quatre ans de règne sans partage sur la politique cantonale, la droite genevoise a effectivement été rudement rappelée à l'ordre par les citoyens à la fin de l'année dernière. Les Genevois ont placé au gouvernement deux socialistes et un Vert face à quatre représentants bourgeois et donné une très courte majorité à la gauche au Grand Conseil. Très vite, les nouveaux élus ont eu à s'occuper d'un dossier explosif: le déficit public. Sa gravité ne permettant plus de le maîtriser par les méthodes habituelles, Micheline Calmy-Rey, la nouvelle responsable socialiste des Finances, a lancé un processus de table ronde qui s'est poursuivi tout l'été.

Depuis, la table ronde est devenue à la fois l'enjeu politique central et la balise à partir de laquelle chacun définit sa position. Son succès dépendra de la capacité du Conseil d'Etat à former une grande majorité pour soutenir les mesures d'économies et de nouvelles recettes sur lesquelles elle devrait déboucher. Une majorité qui peine pour l'instant à se préciser, mais dont on pourra commencer à cerner les contours dès la rentrée politique, soit à partir du 19 août. Voici les dates politiques importantes de ces prochaines semaines.

Mercredi 19 août

Redémarrage des négociations sectorielles liées la table ronde. Des délégations du Conseil d'Etat rencontreront les responsables des Transports publics et les associations de transports le 19, les communes le 20, les associations sociales et les partis politiques le 24 août.

Mardi 25 août

Le Conseil d'Etat se met au vert pour faire le point et réfléchir éventuellement sur de nouvelles propositions. Cette année, les magistrats ne se seront absentés qu'une quinzaine de jours au maximum en août. Une gâterie que Micheline Calmy-Rey n'a pu s'offrir.

Jeudi 27 août

Pour la troisième et dernière fois, tous les acteurs partie prenante aux négociations (communes, partis, partenaires sociaux, associations concernées) se retrouvent dans la salle du Grand Conseil pour une discussion générale.

Mercredi 9 septembre

Le Département des finances présente au Conseil d'Etat la version finale du projet de budget 1999. Le projet inclura les résultats de la table ronde, dont l'objectif initial est de dégager 250 millions de francs d'économies et autant de recettes nouvelles. Le gouvernement a notamment proposé de priver la fonction publique de près de 100 millions de francs. Un sacrifice que refuse le Cartel intersyndical de la fonction publique, qui a lancé un préavis de grève pour la troisième semaine de septembre. Une assemblée générale du Cartel se tiendra début septembre pour infirmer ou confirmer ce préavis. Autre écueil encore plus inquiétant: un référendum pourrait être lancé. Le Conseil d'Etat souhaite proposer un paquet ficelé dans un unique projet de loi afin que, le cas échéant, le peuple puisse se prononcer sur l'ensemble.

Les 24 et 25 septembre

Séances de rentrée du Grand Conseil. S'il est adopté par le gouvernement, le projet de budget entamera son parcours en commission des finances. La discussion finale devant le parlement se déroulera en décembre.