Rien ne lui a été épargné dans le jugement rendu vendredi par le Tribunal criminel de Lausanne. La mère, qui avait noyé son fils de six ans dans une baignoire, a été reconnue coupable d’assassinat et condamnée à une peine de 13 ans de prison. La décision souligne que l’intéressée a ôté la vie de son enfant pour se venger de son mari et qu’elle a agi avec une grande froideur affective même si certains troubles psychiques ont pu amplifier sa rancoeur. En raison de sa responsabilité légèrement diminuée et des regrets exprimés en audience- les juges n’ont toutefois discerné aucun véritable sentiment de culpabilité mais plutôt une tendance à s’apitoyer sur elle-même- la peine de 15 ans requise par le procureur général Eric Cottier a été revue un peu à la baisse.

Le procès de ce drame s’était ouvert le 25 mai dernier. L’accusée, 38 ans aujourd’hui, affirmait avoir noyé son fils dans une sorte de suicide collectif - elle a elle-même absorbé des médicaments après les faits - afin de le protéger et de l’emmener à ses côtés dans l’au-delà. Le Tribunal s’est montré peu sensible à cette nouvelle version et lui a préféré les terribles déclarations faites en début d’enquête. A la police, puis au juge d’instruction, cette Suissesse avait expliqué avoir tué cet enfant après que toute la haine vouée à son mari se soit reportée sur le petit. La pensée que l’époux détesté ne puisse plus profiter de son fils lui avait encore facilité la tâche.

Le meurtre passionnel, plaidé par la défense, a été écarté au motif que le profond désarroi de l’accusée n’était pas excusable au regard des circonstances. En effet, aucun des griefs qu’elle adressait à son époux marocain dont elle venait de se séparer - alcoolisme, adultère, abandon, manque de respect - n’était véridique. De plus, ajoute la décision, aucune mère de famille ordinaire, placée dans la même situation de conflit conjugal, n’aurait été poussée à une telle extrême. Le drame, rappelons-le, s’était déroulé le 14 novembre 2007 à Romanel-sur-Lausanne.