La Cour a estimé que la mère avait violé son devoir d’assistance et que la faute était «d’une certaine importance». La prévenue a manifesté du mépris pour le développement harmonieux de sa fille en la battant et en l’insultant. Les juges ont rappelé qu’en 2001, l’accusée avait déjà été condamnée pour des faits semblables. La mère a donc récidivé en 2007. Elle a recommencé à frapper et maltraité sa fille qui était revenue de son propre chef à la maison après avoir passé six ans dans divers foyers. Les circonstances atténuantes que sont le repentir sincère, le temps écoulé et la détresse profonde, plaidées par la défense, n’ont pas été retenues.

Le mari de l’accusée, pour sa part, a été condamné plus lourdement car sa faute a été jugée «importante». Durant l’été 2007, en l’absence de sa femme qui s’était rendue en Bolivie pour l’enterrement de sa grand-mère, il a entretenu une dizaine de relations sexuelles avec sa belle-fille, alors âgée de 16 ans. La Cour a estimé que l’accusé n’avait eu aucune considération pour la fragilité de sa belle-fille qui sortait de dépression et se trouvait en manque d’affection. Il aurait pu ne pas abuser d’elle, mais seul le retour de sa femme de Bolivie l’a finalement fait cesser ses agissements.

Semi-détention

L’accusé devra purger six mois en semi-détention. Il n’ira en prison que pour y passer la nuit. Le jour, il pourra continuer à travailler comme informaticien. La Cour correctionnelle a tenu compte de la situation personnelle du prévenu, qui a deux enfants à charge. Le couple a en outre été condamné à verser une indemnité de 20 000 francs à la partie civile. Les avocats de la défense Aggripino Renda et Marco Crisante se sont laissé vendredi un délai de réflexion pour décider s’ils recourront contre le jugement.