«La crise actuelle a parfois été utilisée (...) pour remettre en cause l’économie de marché et la globalisation. Je ne conteste pas le besoin de réforme, les échecs et les abus ayant été trop grands pour être ignorés», a déclaré M. Merz devant les chefs d’Etat et de gouvernement réunis sur les bords de l’East River, le siège new-yorkais des Nations unies.

«Nous devons toutefois nous rappeler que c’est également grâce à l’ordre économique libéral et à l’ouverture des marchés qu’une bonne partie de la population mondiale est sortie de la pauvreté», a déclaré dans la foulée M. Merz, selon la version écrite de son discours.

«Désastre» «Dans cette perspective, nous partageons les préoccupations de ceux qui considèrent que la tendance actuelle au protectionnisme nous mènera droit au désastre». Et le conseiller fédéral radical de souhaiter la conclusion du cycle de Doha.

Dans son allocution, le président de la Confédération s’est également livré à un plaidoyer pour les Nations unies. «Le monde a plus que jamais besoin de l’ONU», a-t-il lancé, appelant l’organisation à poursuivre les réformes «afin de renforcer sa légitimité».

Parallèlement, les échanges entre les Nations unies et d’autres forums tels que le G-20 doivent être renforcés. Le G-20 est devenu une tribune où des questions d’importance mondiale sont discutées, a relevé M. Merz. «Ce développement ne doit pas se faire au détriment d’autres pays ou d’institutions globales».

Et d’ajouter: «Le G-20 manque de légitimité et ne dispose pas de procédures transparentes pour décider des sanctions».

Max Frisch en conclusion Dans le reste de son discours, M. Merz a notamment évoqué le changement climatique et la conférence de Copenhague prévue en décembre. «La Suisse veut et peut montrer l’exemple», a-t-il dit. «Nous allons atteindre nos objectifs de réduction des émissions de C02 en 2012. Pour la période allant jusqu’en 2020, nous sommes prêts à réduire nos émissions de C02 de 20%», a-t-il ajouté.

Face aux défis globaux qui se présentent à la planète, M. Merz a appelé à ne pas céder au pessimisme. Et de conclure son intervention en citant l’écrivain suisse Max Frisch: «Une crise peut être un état productif. Il suffit d’en retirer l’arrière-goût du désastre».