Asile, nouveau round. Et toujours pas le dernier. Lundi, le Conseil national s’est à nouveau penché sur la révision de la loi sur l’asile pendant deux bonnes heures. Il a notamment été question de la suppression des demandes dans les ambassades, de la création de centres spéciaux pour requérants délinquants, de la non-reconnaissance du motif de la désertion comme donnant à lui seul droit à l’asile et de la possibilité de réquisitionner des installations de la Confédération pour héberger des requérants. Le National a confirmé, malgré les récriminations de la gauche, l’urgence de ces mesures acceptées par les deux Chambres: elles pourraient ainsi déjà entrer en vigueur dès la fin du mois.

La mesure la plus controversée, la proposition de priver tous les requérants d’aide sociale (et plus seulement les déboutés), ne sera, elle, traitée qu’à la prochaine session, en décembre. Le National avait voté en faveur de la proposition du PLR Philipp Müller en juin. Mais le Conseil des Etats a, la semaine dernière, refusé d’aller aussi loin et a proposé un compromis: ne placer à l’aide d’urgence que ceux qui trichent, ne coopèrent pas ou s’avèrent être délinquants. C’est sur ce point crucial, qui provoque des échanges électriques, que le National devra se prononcer.

Lundi, un autre aspect du «volet urgent» de la révision de la loi a été traité: la proposition du Conseil des Etats de permettre au Conseil fédéral de s’écarter du droit en vigueur pour «tester» de nouvelles procédures, comme réduire les délais de recours pour certains requérants de 30 à 10 jours. Le National l’a clairement refusée. Comme des divergences subsistent, le dossier retourne aux Etats.