Envoyer un agent infiltré partager une cellule afin de tirer les vers du nez de son codétenu, ce n’est pas uniquement une spécialité genevoise. Le Ministère public de la Confédération (MPC) a procédé de la même manière pour tenter d’élucider la mort brutale, ancienne et mystérieuse d’un diplomate égyptien, abattu de six balles alors qu’il venait de parquer son véhicule au sous-sol de son immeuble de l’avenue du Bouchet (GE).

Après avoir piétiné durant près d’un quart de siècle, les investigations, relancées par les progrès scientifiques en matière d’analyse de traces, ont mené à une piste étonnante, loin du spectre des services secrets ou des islamistes. Celle de Momo – c’est son surnom –, délinquant chronique de très moyenne envergure, dont l’empreinte partielle du pouce ainsi que le profil ADN ont été retrouvés sur le silencieux artisanal laissé près du corps, et qui conteste tout lien avec ce crime. Voici son histoire à travers l’enquête (toujours en cours) et son opération secrète baptisée «Diplodocus».