L'apprenti bernois repêché dans le lac de Thoune après avoir été assassiné pourrait avoir été la victime d'un règlement de comptes au sein du milieu bernois de l'extrême droite. C'est en tout cas l'une des pistes retenues par les enquêteurs, ainsi qu'un représentant de la police cantonale l'a indiqué à la presse alémanique du dimanche.

Quatre jeunes suspects ont été arrêtés vendredi, au lendemain de la découverte du corps dans les eaux du lac. Tous très jeunes, ils ont entre 17 et 22 ans. Comme la victime, ils sont connus, pour une partie d'entre eux du moins, pour leurs sympathies néonazies.

Le cadavre avait été repêché jeudi au large d'Unterseen, par six mètres de fond, près des grottes de Beatus. Il présentait des traces de violents sévices et des poids avaient été attachés à ses chevilles. Encore vivant ou déjà mort, le corps a été lancé dans le lac depuis la route desservant la rive nord du lac de Thoune, du haut d'une falaise de 80 mètres. Les causes exactes du décès ne sont pas encore établies, a précisé la police. Le motif reste également mystérieux. Si règlement de comptes il y a, il pourrait être motivé par des raisons plus personnelles que politiques.

Agée de 19 ans et domiciliée à Unterseen, la victime aurait dû terminer en août prochain son apprentissage d'installateur sanitaire. Le jeune homme, décrit par son patron comme un employé sans problèmes, s'était fait remarquer dans la région par ses récentes fréquentations d'extrême droite. Depuis l'été dernier, il s'était rasé la tête, portait la photographie d'Hitler dans son portemonnaie et agressait volontiers des étrangers. L'apprenti était porté disparu depuis le 27 janvier dernier. La dernière personne à l'avoir vu vivant était sa petite amie, qu'il avait quittée ce soir-là en disant qu'il devait aller à un rendez-vous.

Vendredi, la police bernoise a arrêté quatre suspects. Ces jeunes gens, de nationalité suisse, faisaient depuis un certain temps l'objet de soupçons dans le cadre de l'enquête sur la disparition. Par crainte d'une résistance violente, c'est une section spéciale de la police cantonale qui a procédé à l'arrestation de deux d'entre eux, dans un bar d'Interlaken que fréquentait également la victime. Du matériel de propagande nazie a été retrouvé au domicile d'un des suspects. Les quatre jeunes gens sont tous domiliciés dans la région située entre les lacs de Thoune et de Brienz. Une région dans laquelle, contrairement à ce qui se passe à Berne ou à Berthoud, la police considère qu'il n'existe pas de véritable «scène» néonazie.

La police a établi pour l'ensemble du canton une liste de 160 personnes connues pour leurs sympathies d'extrême droite.