Hier mardi, 18 h 30: dans l'immeuble ICC, à Cointrin, l'heure est aux derniers préparatifs de l'inauguration du Casino du Lac. Jun et Li Jang, les cuisiniers japonais, ont préparé un buffet mêlant une sélection de sushis, des amuse-bouche et des cocktails de crevettes. L'orchestre commence à prendre son rythme de croisère jazz. Les coupes de champagne virevoltent. Le personnel, revêtu d'uniformes de la marine, s'active pour une soirée inaugurale placée sous le signe de la navigation.

«Un beau casino, un bon casino»

Armateur du projet meyrinois, Isidore Partouche, à la tête du groupe du même nom, a choisi comme capitaine et directeur Yassine Ben Abdelssalem. Pour ce dernier, l'accent, dans l'aventure du seul casino – de type B en l'occurrence – à ouvrir sur le territoire cantonal, aura été mis sur le confort: «Je souhaite que ce casino soit un lieu de jeu et de divertissement dans lequel on se sente bien. Il ne peut d'ailleurs en être autrement puisqu'il porte la griffe Partouche…» «Un Beau Casino» donc, toujours selon Yassine Ben Abdelssalem, qui ne devra toutefois pas se départir des impératifs d'un «Bon Casino», autrement dit qui respecte les lois en vigueur, notamment celles concernant le blanchiment d'argent.

Prenant la parole, Isidore Partouche – volontiers ironique – devait ensuite rappeler la longue histoire du groupe dont il est la figure emblématique: «J'ai acheté mon premier casino il y a maintenant trente ans. Le Casino du Lac ne sera que le 53e établissement acquis par le groupe.» Pas dépourvu d'humour certes, mais néanmoins au bénéfice d'un sens des réalités bien ancré, Isidore Partouche devait conclure par ces quelques mots: «J'ai besoin que vous jouiez… Merci à tous.»

Ne restait plus ensuite au Casino de Meyrin qu'à prendre symboliquement le large: ce qui fut effectué par l'intermédiaire d'une bouteille de champagne, brisée contre la coque d'une petite embarcation apportée pour l'occasion.