Le lauréat du Prix Balzan 2009 est le champion, toutes catégories, des publications scientifiques de l’EPFL. Ce chimiste d’origine allemande (Dresde) est fasciné par le mécanisme de la photosynthèse qui permet aux plantes de transformer la lumière et le CO2 en énergie chimique. Là où d’autres ont renoncé, il a persévéré et est parvenu à mimer ce processus complexe en utilisant un colorant couplé à de l’oxyde de titane (TiO2), dans le but de produire de l’électricité.

Son équipe, rattachée au Laboratoire de photonique et d’inter­faces de la Faculté des sciences, ­déposera en 1991 les premiers brevets de cellules solaires révolutionnaires au sens ou l’entend la science. Les cellules «Graetzel», comme on les nomme couramment, font aujourd’hui l’objet de recherches dans le monde entier. Pouvant être imprimées sur des surfaces souples, intégrées à des façades ou aux toits de voitures, produites à des conditions économiques avantageuses, les cellules à colorant sont entrées dans une phase d’industrialisation à Cardiff.

Les travaux de Michael Graetzel sont si féconds qu’ils couvrent non seulement le solaire mais également les nanotechnologies utilisées pour améliorer les batteries et la photolyse de l’eau (production d’hydrogène à partir du rayonnement solaire). Ce professeur, entré très jeune à l’EPFL, est aujourd’hui une «star» de la science que l’on dit sur la liste des Prix Nobel. Mais c’est aussi un homme charmant, un passionné d’art choral, et un entrepreneur à l’origine de nombreuses start-up.