MPC

Michael Lauber obtient un répit de trois mois 

Pour que les enquêtes en cours sur le procureur puissent aboutir, la commission judiciaire du parlement a décidé de repousser la recommandation de sa réélection auprès de l’Assemblée fédérale. La nouvelle date est fixée à septembre prochain

Suite et accalmie – provisoire – du feuilleton à suspense Michael Lauber. Après des semaines de rebondissements, la commission judiciaire du parlement fédéral a rendu ce mercredi son verdict: ne pas trancher. La recommandation – ou non – du procureur général à sa propre réélection est repoussée à la session d’automne. L’homme fort du MPC peut souffler.

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«Nous n’avons pas eu accès à tous les procès-verbaux»

Jean-Paul Gschwind (PDC/JU), le directeur de la commission judiciaire, a paru très ému devant la forêt de micros qui lui étaient tendus au moment d’annoncer le verdict: «Monsieur Lauber a été très touchant dans ses plaidoiries, a souligné le Jurassien, visiblement chamboulé. Quant à savoir s’il dit la vérité, je ne sais pas, mais c’est également pour cela que nous repoussons notre décision.» Il n’y avait que trois choix: recommander au plénum la réélection en juin de Michael Lauber pour un nouveau mandat de quatre ans à la tête du MPC, ne pas la recommander ou reporter l’élection. C’est la dernière solution qui a été retenue par les membres de la commission, à l’unanimité.

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«Nous n’avons pas pu avoir accès à tous les procès-verbaux et il est important que la procédure disciplinaire ouverte vendredi dernier puisse donner des résultats avant que nous statuions», a expliqué Jean-Paul Gschwind pour motiver la décision de sa commission. Concernant cette procédure ouverte par l’autorité de surveillance du MPC (AS-MPC), le Jurassien a précisé qu’un rapport intermédiaire serait demandé à l’AS-MPC pour pouvoir statuer en septembre même si l’enquête n’est pas encore terminée. L’investigation, qui sera confiée à un expert externe dont le nom n’est pas encore connu, pourrait en effet nécessiter davantage que trois mois pour faire toute la lumière sur ce cas complexe.

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«D’autres éléments pourraient encore surgir»

Au cœur de la tourmente, plusieurs rencontres informelles entre Michael Lauber et le président de la FIFA, Gianni Infantino. Pas problématiques en tant que telles, ces séances n’ont pas été documentées par le procureur, ce que l’autorité de surveillance lui avait enjoint de faire. Elément crucial pour l’ouverture de l’enquête disciplinaire, il a en outre été révélé que Michael Lauber avait tu une troisième entrevue survenue en 2017 alors que, en novembre 2018, il avait déclaré qu’il n’y en avait eu que deux. Le procureur et les autres participants à cette rencontre répètent ne «pas s’en souvenir», bien que plusieurs échanges de SMS tendent à prouver le contraire.

La décision de la commission judiciaire de reporter sa décision se sera certainement appuyée sur le rapport rendu par la commission de gestion le jour d’avant (mardi), qui concluait «qu’aucune constatation ne mettait en cause l’aptitude professionnelle de Michael Lauber et que rien ne révélait non plus qu’il aurait menti au sujet de la troisième rencontre présumée avec le président de la FIFA». A l’issue de la conférence de presse de mercredi soir, Jean-Paul Gschwind a toutefois contesté que la décision de sa commission absolve Michael Lauber. «La commission de gestion nous a refilé la patate chaude, si je puis dire. Toutefois, je ne dirais pas que M. Lauber est sauvé pour autant. D’autant que d’autres éléments pourraient encore surgir.» A noter que le poste de procureur doit être repourvu au plus tard début 2020.

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