Michael Lauber a eu chaud. L’Assemblée fédérale a fini par le réélire de justesse pour un troisième mandat à la tête du Ministère public de la Confédération (MPC). Il lui fallait 122 voix pour passer, il en a obtenu 129 sur les 243 bulletins valables. Ce score serré montre que ses méthodes et sa personnalité divisent tous partis confondus. Le chef de l’autorité de poursuite pénale repart donc pour un règne de quatre ans avec un capital confiance très entamé, une procédure disciplinaire sur le dos et des tensions encore vives. Michael Lauber a gagné cette bataille mais le champ de ruines demeure.

Inquiétude

Il avait pris place dans la tribune du public, entouré des deux procureurs généraux suppléants Ruedi Montanari et Jacques Rayroud (le malheureux qui devra assurer désormais la direction du méga-dossier FIFA et gérer les conséquences procédurales d’une triple récusation). Michael Lauber avait un air soucieux en écoutant les intervenants se succéder pour attaquer son attitude ou louer ses compétences. Et pour cause. La Commission judiciaire avait préavisé en sa défaveur et rien n’était joué d’avance pour ce scrutin à bulletins secrets, malgré les signaux positifs émanant récemment des grands partis.