La chasse à l'homme providentiel a repris au Parti libéral genevois. Elle devient d'autant plus cruciale que les libéraux viennent d'essuyer une lourde défaite en perdant le siège qu'ils occupaient depuis la nuit des temps à l'exécutif de la Ville de Genève. L'élection d'un nouveau chef de file, après les présidences avortées de Blaise-Alexandre Le Comte et Serge Bednarczyk, est si attendue que les rumeurs sur le nom du futur président enflent dans la République.

Nombreux sont les libéraux qui souhaiteraient confier le délicat mandat au député Michel Halpérin, ancien président du Grand Conseil. Par le passé, l'éminent avocat avait refusé. Aujourd'hui, il entrouvre une porte: «A ce jour, je n'ai pas changé d'avis. Mais ma décision finale n'est pas prise. Je veux prendre le temps de la réflexion», explique-t-il. Pour convaincre Michel Halpérin, les caciques du parti sont prêts à redessiner le poste de président. Une vice-présidence aux pouvoirs renforcés pourrait, par exemple, alléger la charge du futur chef de file, qui jouerait plutôt le rôle de figure d'autorité.

D'autres noms filtrent, comme celui de l'avocat Horace Gautier, 49 ans, militant de longue date du parti et défenseur d'un libéralisme de tradition, qui avait été écarté au profit de Blaise-Alexandre Le Comte. Ou encore l'avocat Cyril Aellen, ancien élu municipal à Bernex. La situation devrait se clarifier d'ici au mois de juin.