Après les avoir dirigés pendant vingt et un ans, Michel Joye a effectué lundi son dernier jour de travail à la tête des Transports publics de la région lausannoise (TL). Il part en préretraite. Ingénieur de formation, il a aussi présidé l’Union suisse des transports publics (UTP) de 2014 à 2017. Pour Le Temps, il revient sur les moments forts de sa carrière et sur les défis qui se posent à la branche.

Le Temps: Quel a été le changement le plus marquant de ces vingt dernières années?

Michel Joye: Lorsque j’ai commencé ma carrière dans les transports publics, on ne parlait que de rationalisation et de baisse des coûts. Puis le vent a tourné. Le programme Rail 2000 a dopé les transports publics. L’enjeu a été de s’adapter afin de pouvoir absorber toute une clientèle enthousiaste. Ce fut un renversement total. Cet engouement a ensuite été renforcé par la volonté d’apporter des réponses à la cause climatique. La pandémie a certes ralenti la cadence du développement de la fréquentation des transports publics, mais elle n’est que passagère. Nous sommes aujourd’hui, durant cette deuxième vague, à 55% de la demande par rapport à l’an dernier, mais elle va repartir à la hausse. Certes, le télétravail réduit le trafic des pendulaires, mais la moitié de la clientèle des transports publics est liée aux loisirs et aux achats.

La construction du M2 est-elle le point le plus marquant de votre carrière?

Sans aucun doute. La mise en service a été un moment émotionnellement très fort, comme la grande première d’une immense production que les TL jouent maintenant 365 jours par an depuis douze ans. Nous avons été des pionniers. La technologie automatique et la haute fréquence du service ont rendu ce projet possible dans la plus petite agglomération du monde dotée d’un métro.

Mais la demande a été bien supérieure aux scénarios prudents de l’époque…