On doit à cette grande bosseuse d'origine valaisanne le plan de réorganisation de l'administration fiscale, qui était chaotique. Quant au redressement des finances cantonales, une cause pour laquelle la socialiste s'est franchement engagée, elle a pu bénéficier d'une conjoncture favorable pour sortir des chiffres rouges. Mais elle a aussi subi de sérieux revers: l'échec devant le peuple du résultat de la table ronde, puis l'acceptation de l'initiative libérale sur la baisse des impôts. Pourtant la cote de cette politicienne tenace n'en a pas souffert. Habile à se tirer de ses échecs sur l'air d'«essayé, pas pu», très présente médiatiquement, elle est apparue récemment comme la grande nettoyeuse des écuries de la Banque Cantonale de Genève (BCG). Son combat contre le fisc vaudois témoigne, sinon d'une aptitude de femme d'Etat à prendre de la hauteur, du moins de sa capacité pour les «coups». Ancienne présidente des socialistes genevois, parti dans lequel elle est toute-puissante, elle n'a aucun souci à se faire pour son passage à sa seconde législature.

Y. R.