La dernière séance de la Commission des affaires extérieures du Conseil national peut être classée au nombre des dommages collatéraux de l'intervention américaine en Irak, en tout cas pour la gauche et le PDC, relevait hier à Berne un esprit caustique. Socialistes, écologistes et démocrates-chrétiens avaient claironné lundi en fin d'après-midi qu'ils allaient faire plusieurs propositions devant la commission pour proposer l'interdiction totale de l'exportation d'armes aux parties en conflit. Ces propositions ont bien été faites mardi matin, mais elles se sont progressivement effilochées, à tel point que la commission a fini, au terme de débats confus, par voter, au contraire, à l'unanimité son soutien à la politique du Conseil fédéral.

Remontrances

Il apparaît que les commissaires de la gauche et du PDC se sont laissé convaincre par les explications de Micheline Calmy-Rey et de l'ambassadeur Nicolas Michel, chef de la Direction du droit international public, qui ont fait la clarté sur l'état du droit de la neutralité et les nuances à établir s'agissant des exportations d'armes. La première a assuré à la commission qu'aucune arme qui puisse être utilisée dans le conflit ne serait livrée aux Etats actuellement en guerre. La ministre des Affaires étrangères s'est montrée extrêmement convaincante, assure un autre parlementaire bourgeois. Le démocrate-chrétien François Lachat avoue que lui aussi s'est laissé convaincre par Micheline Calmy-Rey. Il faut toutefois préciser que les commissaires démocrates-chrétiens s'étaient en plus, dans le courant de la matinée, fait «remonter les bretelles» par l'entourage de Joseph Deiss. Le Département de l'économie avait pris connaissance avec consternation, mardi matin seulement, des propositions de la direction du parti, qui désavouaient la position de Joseph Deiss en tant que patron du Seco. Le secrétariat du PS assurait mardi après-midi que le parti n'avait pas changé de position. Il apparaît toutefois que ses commissaires ont dû admettre pour le moins que leurs propositions étaient formulées de façon inopportune. Les postulats et motions des démocrates-chrétiens, des écologistes et des socialistes ont été abandonnés sans avoir été mis aux voix.