Micheline Calmy-Rey ne mettra pas «immédiatement» fin à la collaboration avec Meteoric Tactical Solutions, société sud-africaine controversée, chargée de la sécurité de la mission suisse à Bagdad. Elle l'a fait savoir en répondant lundi, au nom du Conseil fédéral, à une question de Ueli Leuenberger (Verts/GE). Avant d'agir en ce sens, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) attend des éclaircissements des autorités sud-africaines, MTS n'ayant pas obtenu sa licence d'exploitation pour travailler en Irak. Cette licence certifierait qu'elle ne contrevient pas à la «Foreign Military Assistance Act», loi antimercenaire.

Ueli Leuenberger n'est pas satisfait de la réponse de la conseillère fédérale. Il la juge «rigide et coincée». S'il a interpellé Micheline Calmy-Rey, c'est notamment parce que MTS est à ses yeux une entreprise de mercenaires, impliquée dans des violations extrêmement graves du droit international: le 7 mars, les autorités du Zimbabwe ont intercepté deux de ses hauts responsables, alors qu'ils étaient prêts à fomenter un coup d'Etat en Guinée équatoriale. «J'attendais au moins que le Conseil fédéral explique n'avoir pas eu toutes les informations en sa possession au moment d'engager MTS et qu'il annonce chercher une autre solution!»

Pour l'écologiste, pas question d'envoyer des soldats suisses à Bagdad, solution que Micheline Calmy-Rey estime envisageable dans l'hypothèse d'un transfert de souveraineté à l'Irak décidée par le Conseil de sécurité des Nations unies. Si la Confédération ne peut pas assurer la sécurité de ses diplomates, alors ceux-ci doivent quitter l'Irak, assène le député.