La visite de la cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) était prévue de longue date, a-t-on précisé vendredi à Bruxelles. Lundi, Catherine Ashton sera une nouvelle fois confrontée à la crise entre Berne et Tripoli. L’Italie et Malte évoqueront ce sujet lors de la réunion dirigée par la cheffe de la diplomatie européenne.

Mais selon des sources diplomatiques, la discussion ne devrait pas être très longue. Car la position de l’Union européenne (UE) est claire: la Suisse et la Libye doivent résoudre leur différend le plus rapidement possible.

Visas Schengen

L’Italie et Malte critiquent la Suisse pour sa liste de 150 – ou 188, selon les sources – responsables libyens qui sont depuis novembre 2009 interdits d’entrée dans l’espace Schengen. Ils affirment que ce procédé n’est pas correct. Mais selon la commissaire européenne aux affaires intérieures Cecilia Malmström, la Suisse a agi «conformément aux règles Schengen».

Les Libyens concernés peuvent obtenir un visa pour différents Etats Schengen, mais pas pour l’ensemble de l’espace Schengen. Réagissant à la liste suisse, Tripoli ne délivre plus depuis début février de visas pour les citoyens de pays de l’espace Schengen.

La Commission européenne a qualifié ce procédé de «disproportionné». La présidence espagnole de l’UE, d’autres pays européens, la Commission européenne et l’équipe entourant Catherine Ashton s’activent au niveau diplomatique pour trouver une solution.

Toujours incarcéré

La crise entre Berne et Tripoli a débuté après l’arrestation en juillet 2008 à Genève d’Hannibal Kadhafi, un fils du dirigeant libyen, et de son épouse, que leurs domestiques accusaient de mauvais traitements. Quelques jours plus tard, la Libye a arrêté deux hommes d’affaires suisses et les a empêchés de quitter son territoire.

Le premier, Rachid Hamdani, a pu regagner la Suisse le 22 février. Le second, Max Göldi, est incarcéré dans une prison près de Tripoli.